G7 au Canada : Pression maximale pour des élections en Haïti et un soutien accru à la force internationale

Réunis les 11 et 12 novembre 2025 dans la région du Niagara, au Canada, les ministres des Affaires étrangères du G7, États-Unis, Canada, Allemagne, France, Italie, Japon et Royaume-Uni, ont consacré une part importante de leurs discussions aux crises sécuritaires et géopolitiques mondiales. Parmi les dossiers prioritaires figurait la situation d’Haïti, dont la stabilité demeure un sujet de préoccupation majeur pour les puissances occidentales.
Selon une communication officielle du ministère canadien des Affaires étrangères publiée sur X, les membres du G7 ont appelé à une mobilisation accrue en faveur de la Force de répression des gangs (FRG) et à l’établissement rapide d’un calendrier électoral crédible dans le pays.
Dans leur déclaration commune, les ministres ont insisté sur la nécessité de contributions financières et humaines substantielles pour la mise en œuvre de la résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’ONU. Ils exhortent les autorités haïtiennes à définir « un plan concret et un calendrier » permettant la tenue d’élections libres, transparentes et inclusives. Le G7 a également salué le lancement d’une initiative régionale pour la sécurité maritime, visant à contrer le crime organisé transnational et à renforcer la stabilité dans les Caraïbes.
Des engagements encore fragiles
Lors d’une conférence de presse à l’aéroport international Hamilton, au Canada, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a détaillé les avancées, mais aussi les lacunes, dans le financement et le déploiement de la FRG. Interrogé sur les engagements obtenus des partenaires internationaux, il a souligné que des efforts significatifs avaient déjà été consentis, notamment par le Canada, tout en rappelant que les besoins restent considérables.
« Nous faisons face à deux défis en Haïti », a déclaré Rubio. Le premier concerne la transition vers la Force de répression des gangs, dont le financement initial ne couvre que les trois premiers mois de l’année prochaine. Washington affirme avoir assuré la moitié des fonds nécessaires pour la fin de la phase de transition, et appelle les partenaires internationaux à combler le reste.
Le second défi réside dans la mobilisation de ressources supplémentaires pour le bureau des Nations unies chargé d’appuyer la FRG, ainsi que dans le renforcement des effectifs militaires internationaux. « Nous ne pouvons pas laisser les Kényans intervenir seuls avec 2 000 soldats », a-t-il insisté, indiquant que les États-Unis souhaitent porter la force à 5 000 hommes afin d’augmenter son efficacité opérationnelle.
Un appel international à la solidarité
Marco Rubio a indiqué que son administration travaillait quotidiennement sur le dossier haïtien, avec une équipe dédiée. Il a rappelé les trois priorités de Washington : compléter le financement de la phase finale de la transition, assurer les ressources pour le bureau de l’ONU et la FRG, et convaincre davantage d’États d’envoyer des troupes. Il a exprimé sa « profonde gratitude » envers le Kenya pour son engagement, tout en soulignant la nécessité d’un soutien international renforcé afin d’éviter que Nairobi ne se retrouve en première ligne sans renforts.
Le dossier haïtien a également été évoqué lors d’une rencontre bilatérale entre Rubio et son homologue canadienne Anita Anand, en marge de la réunion du 12 novembre. Les deux responsables ont réaffirmé leur volonté commune de faire avancer le processus sécuritaire et électoral en Haïti, à un moment où la communauté internationale tente de stabiliser durablement le pays.
JJJ / FcnHaiti
