Face à l’impasse politique en Haïti, l’exécutif peine à trouver une vision pour l’avenir

La situation socio-politique en Haïti a atteint un niveau critique, exacerbé par la récente mise en place du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). L’absence de direction claire, soigneusement dissimulée par un vernis de promesses non tenues, soulève des questions légitimes sur l’efficacité et la motivation des autorités actuelles. L’on constate un dysfonctionnement systémiques qui caractérise la gouvernance haïtienne actuelle et appelle à un changement radical.
Depuis l’entrée en fonction du CPT, le constat est amer : une gestion chaotique et une incapacité manifeste à répondre aux besoins pressants de la population. Les membres de ce conseil semblent plus préoccupés par l’accumulation de postes et le partage des ressources de l’État que par l’élaboration de solutions concrètes. La métaphore du « philtre magique » est particulièrement révélatrice ; les promesses d’un changement radical ne se traduisent que par des manœuvres politiques classiques, où l’intérêt personnel prime sur le bien collectif.

Une gouvernance paralysée
Avec un conseil composé de neuf présidents, on aurait pu espérer une pluralité de points de vue et une dynamique enrichissante. Cependant, force est de constater que cette structure n’a produit qu’une paralysie accrue. Les responsabilités se multiplient, mais les résultats demeurent désespérément absents. Une gouvernance inefficace est piégée dans l’inertie, alors que les dépenses publiques atteignent des sommets vertigineux, alimentant une bureaucratie lourde et inutile. Ce sont là des ressources qui devraient, en temps normal, être dirigées vers des programmes de sécurité, de santé et d’éducation, mais qui sont perdus dans un dédale administratif.
Un contexte alarmant
Cette gestion chaotique intervient à un moment où les gangs opèrent en toute impunité, où la famine et la dégradation du tissu social s’amplifient. La détresse du peuple haïtien ne semble pas atteindre les sphères dirigeantes, qui continuent à naviguer dans une bulle d’indifférence. L’insensibilité des dirigeants vis-à-vis des souffrances de la population est alarmante. Au lieu d’unir leurs forces pour restaurer la sécurité et la dignité, ils se livrent à une lutte effrénée pour s’approprier des postes clés, illustrant ainsi un manque de vision et d’empathie criant.
Un appel à la responsabilité
Alors que le pays plonge davantage dans l’instabilité et la désolation, il est impératif d’exiger des mesures audacieuses et un réel engagement envers la population. Les dirigeants haïtiens doivent être confrontés à cette réalité : leur rôle n’est pas de jouer les « comédiens » sur la scène politique, mais d’agir avec responsabilité et courage. Il est temps que ceux qui ont pris des engagements envers le peuple s’éveillent enfin à leur responsabilité, au lieu de rester figés dans le statu quo.
La gestion des autorités haïtiennes à travers le CPT est marquée par un manque de vision, de la dérision et une déconnexion alarmante avec la réalité vécue par les citoyens. Au lieu de réagir à l’urgence de la situation, elles se complaisent dans une bureaucratie inefficace, préférant le confort du pouvoir à la mise en œuvre de solutions réelles et durables. Les Haïtiens méritent mieux que des promesses en l’air et des jeux de pouvoir ; ils ont besoin de leaders prêts à agir pour restaurer l’espoir et la dignité qu’ils ont trop longtemps perdus. Il est temps de demander des comptes à ces dirigeants qui semblent égarés dans leurs propres intérêts.
Jean Joceler JEAN
FcnHaiti
