Doté de bonnes intentions, Jovenel Moise évoluait au milieu des traitres, dénonce sa famille

Les proches du président Jovenel Moise, assassiné à l’aube du 7 juillet dernier, ont été très critiques vis-à-vis de certains membres de son entourage. Lors de ses funérailles, le vendredi 23 juillet, ils ont dénoncé des « traitres » et des « méchants » qui se trouvaient aux côtés du président, présenté comme un homme bon, qui était doté de bonnes intentions.
Pour ce vendredi 23 juillet 2021, jour des funérailles nationales du président Jovenel Moise, la ville du Cap-Haïtien, dans le Nord d’Haïti, se réveillait dans un climat pour le moins serein. Un imposant dispositif de sécurité était constaté à la résidence familiale, dans la deuxième ville du pays, qui accueillait les obsèques du 58e président d’Haïti et où la dépouille mortelle repose maintenant. Le cercueil, fermé et recouvert du drapeau national, de fleurs et de l’écharpe présidentielle, a été placé sur une esplanade et gardé par quatre soldats des Forces Armées d’Haïti remobilisées par Jovenel Moise en novembre 2017.

La cérémonie a été présidée par un prêtre venu directement de Fort Lauderdale, aux Etats-Unis d’Amérique et qui, dans son homélie de circonstance, a présenté le défunt, Jovenel Moise, comme un chef d’Etat qui rêvait d’un avenir meilleur pour son pays, pour le peuple haïtien. Quant à Marielle Moise, la sœur ainée du président, elle déplore l’assassinat de quelqu’un qui était sincère, honnête, spécial et qui ne se laissait pas vibrer par les propositions indécentes. C’est pour cela, dit-elle, que Jovenel Moise a connu cette fin tragique. Elle dénonce un assassinat crapuleux. « Tu étais plein d’enthousiasme, ce jour-là, on a causé longtemps, très longtemps et tu m’as parlé de tes nombreux projets », se souvient son fils ainé Joverlain Moise. Ila présenté son père comme un modèle d’honnêteté, de bonté envers tout le monde et d’héroïsme. Tu étais un homme bon, entouré de méchants. Tu prônais toujours le vivre-ensemble pendant que tu étais parmi des traitres, ajoute le fiston qui voyait en Jovenel Moise un vrai leader.
Il vivait pour son peuple et il est mort pour lui, a-t-il souligné, ajoutant : Tes idées ne mourront pas, elles resteront gravées dans les cœurs ».
Pour sa part, Martine Moise, la veuve du président defunt et mère de ses deux autres enfants, a fait l’éloge d’une personne à l’esprit brillant, inventif et créatif. Un homme passionné, déterminé, sympathique et doté d’un grand charisme qui a été assassiné dans des conditions tragiques. C’était un jeune homme réservé mais tellement généraux qui allait devenir son mari et le père de mes enfants, se souvient Martine Moise.
Elle dénonce les vices d’un système pourri et injuste auquel personne avant Jovenel n’a osé s’attaquer et dont il a été longtemps victime. « Jovenel Moise avait décidé de se lancer dans la bataille pour le changement et il s’est retrouvé, du jour au lendemain, avec tout le système en face de lui », se plaint Martine Moise.
«…C’est un cauchemar dont je n’arrive pas encore à me réveiller ! C’est une situation à laquelle tu ne nous avais pas préparés ! Ta femme, tes enfants, tes petits enfants, tes sœurs, tes frères, tes neveux et nièces, cousins et cousines, tes amis, tes collaborateurs, ton peuple ! Nous sommes là ce matin à faire quoi ? Te rendre un dernier hommage ? Faire ton deuil ? Tu ne nous as pas préparés à cela », se lamente la veuve du président.
Je me souviens encore de toi me disant que tu veux partir les mains propres et pures. Mais tu ne pensais pas partir sans avoir pu nous faire tes adieux. Tu ne pensais pas partir ainsi : mutilé, désarticulé », a-t-elle souligné, ajoutant que son mari a été abandonné et trahi.
La cérémonie s’est déroulée en présence de quelques officiels du gouvernement dont le premier ministre Ariel Henry, le ministre des affaires étrangères et des cultes, le docteur Claude Joseph, desdirecteurs généraux dont le DG du SEMANAH, Eric Junior Prévost, des membres du corps diplomatique dont la représentante spéciale du secrétaire général des Nations-Unies, Helen Lalime et les membres de la délégation américaine dirigée par Mme. Linda Thomas Greenfield, le Directeur Général ad intérim de la Police Nationale d’Haïti Léon Charles, le commandant en chef a.i du haut Etat-major des Forces Armées d’Haïti, le colonel Jodel Lesage, des parlementaires et des membres de la société civile avaient fait le déplacement.


Notons l’absence des membres du clergé catholique et celle des 7 anciens présidents haïtiens encore en vie aux obsèques du président Jovenel Moise était remarquable, aussi remarquable que la présence de l’ancien candidat à la présidence Jean-Charles Moise, qui se présentait comme un opposant au chef de l’État.
FCN

