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Dialogue avec les gangs, demandez d’abord les victimes?, déclare Fritz Alphonse Jean

Après toutes ces exactions, ces décapitalisations, tant d’abus et d’opressions, une interrogation cruciale prend forme : faut-il envisager un dialogue avec les gangs armés qui sévissent, ou convient-il avant tout d’interroger les victimes de leurs exactions ? Cette question, posée sans détour par Fritz Alphonse Jean, coordonnateur des actions du Conseil présidentiel de transition (CPT), résonne comme une exigence de justice et d’équité.

Fritz Alphonse Jean affirme avec une lucidité frappante que, face à l’ampleur des crimes commis – viols infligés aux femmes, maltraitance des enfants, dévastation des biens et destruction d’entreprises – seul le témoignage des victimes peut permettre d’éclairer la pertinence d’un quelconque dialogue. Selon lui, toutes les voix en faveur d’une conciliation avec les gangs doivent, obligatoirement, intégrer le regard et les ressentis de celles et ceux qui ont directement subi leurs agissements.

Dans cet entretien accordé à plusieurs journalistes, le coordonnateur du CPT ne se contente pas d’appeler à une prise en considération des victimes. Il dénonce vivement ce qu’il perçoit comme une hypocrisie ambiante : « ceux, qui appellent aujourd’hui au dialogue, sont les mêmes qui ont contribué à l’effondrement de l’État en armant les bandits, et ce sont encore eux qui réclament désormais une ouverture vers ces mêmes criminels ». Pour lui, il s’agit là d’une mise en cause explicite des responsables politiques et économiques qui, par leurs actions et inactions, ont exacerbé la crise sécuritaire du pays.

L’analyse de Fritz Alphonse Jean met également en lumière les obstacles qui freinent l’avancée d’une véritable transition démocratique. Il insiste sur le fait que l’appel au dialogue n’est pas une solution miracle, mais qu’au contraire, il risque de perpétuer un statu quo délétère qui continue d’opprimer les populations déjà meurtries par la violence. En soulignant la nécessité d’impliquer en priorité les victimes dans la réflexion sur l’avenir commun, le coordonnateur du CPT lance un plaidoyer en faveur d’une approche centrée sur la réparation et la réhabilitation plutôt que sur un simple compromis avec l’impunité.

Cet entretien, empreint d’une rigueur et d’une honnêteté sans concession, invite ainsi à repenser la manière dont la société se confronte aux défis posés par la criminalité organisée. Il rappelle que la légitimité d’un dialogue avec les groupes armés ne peut être envisagée qu’après avoir entendu et pris en compte la souffrance de celles et ceux qui en ont été les victimes, sans quoi se risque de légitimer, sous couvert d’une fausse sérénité, ceux qui ont contribué à la dégradation de l’État.

En définitive, le message de Fritz Alphonse Jean interpelle sur les modalités d’une transition pacifique et juste. Plutôt que de céder aux appels à un dialogue précipité avec des bandits, il invite à une réflexion profonde sur la réparation du tissu social brisé. L’intervention de ce haut responsable apparaît ainsi comme un cri d’alarme sur une situation qui, s’il n’est pas réorientée, risque de compromettre durablement les espoirs de réconciliation et de justice dans une société meurtrie par la violence.

FcnHaïti

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