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Choc de Potentia et Potestas

Selon Cicéron la Potentia dans sa traduction française: la puissance, c’est la capacité d’action que possède un acteur par rapport à d’autres alors que la Potestas qui se traduit par le pouvoir en français, c’est l’ensemble des facultés d’action rattachées à une fonction. Aujourd’hui dans l’arène politique haïtienne on assiste à un duel acharné entre le pouvoir en place ayant à sa tête le Dr Ariel Henry et ceux de l’opposition Mener par Guy Philippe, Moïses Jean Charles et Claude Joseph (les principales figures emblématiques) dont chacun use ses armes de dissuasion pour se faire entendre.

Pour comprendre mieux cette approche, il faut analyser des facteurs qui se rattachent à ces phénomènes (pouvoir/puissance) tels quels: influence, contrôle, conflit.

L’influence pour André J. Bélanger et Vincent Lemieux est lorsque par le truchement d’une simple communication, un acteur modifie intentionnellement les attitudes d’un autre acteur, en vue, souvent, de lui faire adopter un comportement déterminé. S’il est bien vrai que dans toute arène politique il y a le pouvoir en place, l’opposition mais il y a aussi un acteur très considérable qui est le peuple, bien que parfois ce concept est souvent utilisé à tort mais il reste et demeure un acteur clé de l’arène politique, surtout dans un État démocratique. Il est un constat que depuis un certain temps le peuple reste insensible aux affaires politiques dans le pays , le gouvernement en matière de communication politique et publique n’a pas une force de persuasion sur la population en général, diverses raisons dont on s’abstient de mentionner peuvent être la cause, à part son incapacité à résoudre la crise d’insécurité, qui est la force motrice de la capacité de persuasion de Guy Philippe après son retour de prison des États Unis. Son discours de révolution, qu’on peut remettre en question considérant les paramètres d’une révolution, trouve sa légitimité aux yeux d’une bonne partie de la population est du à son rôle capital dans l’exil forcé de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, mais aussi dans un contexte où les gangs armés prennent plus de territoire et que le gouvernement en place ne peut donner une réponse à cette dérive. En somme on peut comprendre que l’influence de Guy Philippe qu’il soit par la persuasion ou par la manipulation, est né de l’incapacité du pouvoir en place à résoudre le problème de l’insécurité.

Pour Bélanger et Lemieux, le contrôle est une relation sociale par laquelle un acteur parvient à imposer, restreindre, ou empêcher une action, c’est-à-dire un comportement, d’un autre acteur. Si la capacité de persuader offre une certaine puissance à ceux de l’opposition cependant rien n’est encore sur leur contrôle. Bien qu’il faut aussi mentionner que le pouvoir en place commence à perdre aussi quelque contrôle on peut prendre l’alliance des agents de la Brigade de Surveillance des Aires Protégées (BSAP) un groupe paramilitaire qui étaient sous la tutelle du ministère de l’environnement, Cependant entant que Potestas il y a des facilités et de compétences juridiques que le pouvoir en place peuvent utiliser pour contrecarrer les velléités de l’opposition afin de garder le contrôle. La menace, l’intimidation, le remaniement (partage du pouvoir) jusque là sont les stratégies utilisées par le pouvoir en place afin de garder le contrôle.

Aujourd’hui on est à la phase de la mobilisation, qui conduit à des coalitions au seins de l’opposition, qui apparemment contre nature dont l’intérêt commun est circonstanciel: le départ du pouvoir en place. Coalition s’il y en a vraiment est profitable à Claude Joseph qui gagne en influence par rapport à l’influence de Guy Philippe et de l’ancien sénateur Moise Jean Charles. Si l’on est à ce stade, c’est qu’il y a un refus d’une part du gouvernement de l’influence de l’opposition et d’un refus d’autre du part de l’opposition du contrôle du pouvoir en place. De là, le conflit éclate entre puissance « Potentia » et pouvoir « Potestas »

Entre temps, les portes des écoles sont fermées, les activités économiques sont paralysées, les gangs armés continuent à prendre plus de territoire et la population est aux abois, l’insécurité règne en maître et seigneur sans oublier la misère et d’autres malheurs qui s’annoncent, en somme le pays est s’effondre de plus en plus à tous les points de vue. Par rapport à ce chaos que provoque ce conflit entre les Potentia et les Potestas la grande question qui jusque là est sans réponse c’est : à quelle fin?

Choc de Potentia et Potestas

Michelson Charlotin
Politologue, Spécialiste du Marketing et de la Communication Politique.
Mastérant en Droit international et Administration Publique.

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