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Cantines scolaires : Haïti renforce sa stratégie face à la crise alimentaire mondiale

Alors que la crise alimentaire mondiale continue d’aggraver la précarité en Haïti, le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), avec l’appui du Programme Alimentaire Mondial (PAM), a organisé ce vendredi 18 juillet 2025, un atelier de concertation autour de la résilience du Programme National de Cantines Scolaires (PNCS).

Tenu à l’hôtel Karibe à Pétion-Ville, l’événement a réuni des représentants du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, de la société civile et du secteur privé. À l’issue des échanges, une déclaration d’engagement conjointe a été signée, visant à mobiliser les ressources nécessaires pour préserver ce programme essentiel, qui permet à des milliers d’enfants d’accéder à un repas quotidien à l’école.

Un contexte alarmant, une réponse urgente

Dans son discours d’ouverture, Me Kevenot Dorvil, coordonnateur général du PNCS, a rappelé l’ampleur de la crise. Aujourd’hui, près de 5 millions de personnes en Haïti sont en situation d’insécurité alimentaire, ce qui affecte directement l’accès à l’éducation, en particulier pour les enfants les plus vulnérables.

« Cette concertation est capitale. Elle trace une nouvelle voie pour l’avenir de millions d’écoliers, qui eux-mêmes représentent l’avenir du pays », a souligné M. Dorvil, saluant le soutien constant du PAM.

Le coordonnateur du PNCS a également dénoncé la baisse des financements mondiaux, qui menace la capacité du programme à continuer d’alimenter plus de 100 000 enfants. Malgré cela, le PNCS affiche des avancées notables, notamment en matière de soutien à l’agriculture locale, 70 % des achats alimentaires sont désormais réalisés auprès de producteurs haïtiens, contre seulement 1 % en 2015.

Une stratégie en quatre piliers pour maintenir les cantines

Face à l’urgence alimentaire qui menace la continuité du programme de cantines scolaires, les parties prenantes ont défini une feuille de route articulée autour de quatre axes prioritaires. Il s’agit d’abord de mettre en œuvre un plan d’urgence humanitaire pour assurer la distribution ininterrompue de repas aux enfants, notamment dans les zones les plus vulnérables. Une cellule de crise multi-acteurs sera également créée pour identifier les zones prioritaires et mobiliser un appui international ciblé, en réponse à l’aggravation de la crise.

Parallèlement, des mesures seront prises pour réduire le gaspillage alimentaire et renforcer les stocks des cantines en réaffectant les excédents et invendus disponibles au niveau local et national. Enfin, la sécurisation du transport des denrées figure parmi les priorités, avec la collaboration des forces de sécurité, des autorités locales et des communautés, pour garantir la livraison sans interruption des repas, même dans les zones les plus exposées à l’insécurité.

Vers une gouvernance durable du programme

L’atelier a également posé les bases de la création du Conseil National de la Coalition pour l’Alimentation Scolaire, une nouvelle structure chargée de piloter la coordination, le suivi et la mise en œuvre du programme à l’échelle nationale. Ce conseil regroupera des représentants de l’État, des partenaires techniques, du secteur privé et des collectivités territoriales.

Cette gouvernance renouvelée s’inscrit dans une vision stratégique à long terme, visant à renforcer la souveraineté alimentaire d’ici 2030. Elle repose sur cinq axes prioritaires, à commencer par un financement structurant du programme, incluant une plus grande implication du secteur privé et la promotion de chaînes de valeur agricoles locales, afin de soutenir l’économie nationale. Le deuxième axe porte sur le renforcement des capacités institutionnelles, techniques et humaines du PNCS, tant au niveau central que local, pour une mise en œuvre plus efficace et durable des cantines scolaires.

Les trois autres piliers concernent la coordination multisectorielle, essentielle pour harmoniser les interventions des différents acteurs, et l’instauration de mécanismes de suivi, d’évaluation et de redevabilité garantissant transparence et efficacité. Enfin, la communication et la sensibilisation occupent une place centrale pour mobiliser l’ensemble des parties prenantes autour de cette cause nationale, qui vise à offrir à chaque enfant haïtien un accès régulier à une alimentation scolaire saine et équilibrée.

Un appel à l’engagement collectif

En clôturant la séance, Me Dorvil a invité les institutions présentes à soutenir la mise en œuvre de ces mesures par la signature de la déclaration d’engagement. Un geste symbolique, mais essentiel, selon lui, pour garantir à chaque enfant haïtien une chance équitable d’apprendre, de se nourrir et de se développer dans la dignité.

« L’alimentation scolaire ne peut plus être considérée comme un service d’appoint. Elle est un pilier du développement humain et un droit fondamental. C’est ensemble que nous devons porter cette responsabilité », a-t-il conclu.

FCN-Haiti

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