Bas-Artibonite: des voix locales exigent la création d’une DDA2/PNH sous la baguette de Ader Jacques

Dans l’Artibonite, un vent de mobilisation souffle autour de la question sécuritaire. Plusieurs organisations locales, issues tant du secteur entrepreneurial que de la société civile, plaident pour une division administrative de la Direction départementale de la Police nationale d’Haïti (DDA) et réclament le maintien du commissaire divisionnaire Ader Jacques à la tête de cette nouvelle entité qui couvrirait spécifiquement le Bas-Artibonite.
Cette initiative s’inspire du modèle déjà appliqué dans le département de l’Ouest, scindé en deux directions (DDO1 et DDO2) afin de mieux répondre à l’expansion des groupes armés. Les acteurs locaux estiment qu’une telle réorganisation administrative permettrait une meilleure coordination des opérations policières et une riposte plus efficace contre les gangs qui ravagent le département.
L’Association des entrepreneurs de Saint-Marc (AESM), l’Association des planteurs visionnaires pour le développement de l’Artibonite (SPVDA) ainsi que la Commission de dialogue, réconciliation et conscientisation pour sauver l’Artibonite (CDRCSA) figurent parmi les principales structures à l’origine de cet appel. Elles soulignent l’urgence d’un « leadership renouvelé et enraciné dans la réalité du terrain » pour faire face à la recrudescence de la violence armée.
Le commissaire divisionnaire Ader Jacques, connu pour avoir neutralisé en 2021 le chef de gang Odma Louissaint, alias « Gran-Grif », à Petite-Rivière de l’Artibonite, demeure une figure respectée dans la région. Son récent transfert, au profit du commissaire Jean-Alex Pierre-Louis, à la suite de mouvements de contestation à Raboteau, suscite la désapprobation d’une frange importante de la population. Ses partisans saluent son expérience et sa fermeté, le considérant comme l’un des rares cadres de la PNH ayant réussi à rétablir un semblant d’ordre dans une zone particulièrement instable.

Cependant, depuis la prise de fonction de Jean-Alex Pierre-Louis, la situation sécuritaire semble s’être aggravée. Les gangs armés, notamment « Gran-Grif » et « 400 Mawozo », multiplient les attaques dans plusieurs communes, incendiant des habitations et rançonnant les automobilistes sur la route nationale numéro 1. Les localités de Liancourt, Chandelle et Tapion ont été particulièrement éprouvées ces dernières 24 heures.
Face à cette montée de la violence, les Artibonitiens appellent la hiérarchie policière à reconsidérer sa stratégie et à redonner à Ader Jacques une place active dans la lutte contre les groupes armés. Pour beaucoup, cette bataille pour la sécurité du Bas-Artibonite est devenue un symbole de résistance et d’espoir dans un département qui refuse de céder face à la peur.
JJJ / FcnHaiti

