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Barradères en détresse après Mélissa, un citoyen lance un cri d’alarme

Située dans le département des Nippes, la commune des Barradères, déjà enclavée et vulnérable, se retrouve dans une situation critique à la suite du passage de l’ouragan Mélissa. Selon Louibert Dimanche, natif de la localité, les pertes enregistrées sont considérables, tant sur le plan agricole que dans les infrastructures hydroagricoles. Les inondations et glissements de terrain provoqués par le phénomène ont ravagé les terres cultivables, détruit les périmètres irrigués et décimé une partie importante du cheptel caprin, principal moyen de subsistance des familles rurales, souligne-t-il.

Bien que l’ouragan Mélissa ait quitté le territoire haïtien, il laisse derrière lui un lourd héritage de souffrances et de pertes au sein de nombreuses familles, notamment dans les régions du Grand Sud et des Palmes. Si depuis le 29 octobre 2025, les regards se sont tournés sur certaines communes fortement touchées, d’autres localités sinistrées restent dans l’ombre, à l’instar des Barradères, située dans le département des Nippes, où les conséquences du passage de l’ouragan sont tout aussi alarmantes.

Cette commune enclavée, déjà fragilisée par des années de marginalisation et de sous-investissement, subit aujourd’hui les conséquences dévastatrices du passage de l’ouragan Mélissa. Les récentes inondations et glissements de terrain ont mis Barradères à genoux, selon Louibert Dimanche, natif de la localité. Dans un témoignage empreint de tristesse, il souligne que la troisième section communale, Fond-Tortue, a été particulièrement touchée. Les dégâts y sont considérables, tant sur le plan agricole que dans les infrastructures de base, aggravant une situation déjà précaire pour les habitants de cette commune.

Barradères en détresse après Mélissa, un citoyen lance un cri d’alarme

M. dimanche poursuit en indiquant que dans la troisième section communale de Baradères, les services de base sont pratiquement inexistants. On n’y trouve ni école, ni accès à l’eau potable, et aucun centre de santé opérationnel. En ce qui concerne les infrastructures routières, la situation est alarmante. Les voies de communication sont dans un état de délabrement, rendant les déplacements particulièrement pénibles. « Les enfants sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres, parfois jusqu’à trois heures de marche pour rejoindre le centre-ville ou d’autres sections disposant d’établissements scolaires, eux-mêmes souvent en mauvais état », déclare le natif de cette commune.

Ce qui interpelle davantage, c’est le paradoxe électoral que vivent les habitants de Barradères. À en croire les dires de Louibert, à chaque échéance électorale, des candidats affluent vers la 3e section pour rencontrer la population, multiplier les promesses et solliciter leur soutien. Pleins d’espoir, les citoyens se mobilisent massivement les jours d’élections pour élire sénateurs, députés, présidents et magistrats, dans l’attente d’un changement tangible. Pourtant, une fois les urnes refermées, les engagements s’évaporent et la commune retombe dans l’oubli. Aucun service public ne vient améliorer leur quotidien, aucune infrastructure ne voit le jour, et les besoins fondamentaux restent ignorés, déplore Louibert Dimanche.

Se présentant comme porte-parole de la population locale, Louisbert Dimanche dénonce avec force l’absence de réponse gouvernementale face à la situation dramatique que traverse la commune des Barradères. Il souligne que, malgré l’ampleur des dégâts causés par l’ouragan Mélissa, aucune assistance n’a été acheminée vers cette localité sinistrée. « Nous sommes oubliés, livrés à nous-mêmes», déclare-t-il avec amertume, appelant à une intervention urgente pour venir en aide à la commune, en particulier à la troisième section communale, Fond-Tortue, où les besoins sont les plus criants.

Il convient de rappeler que la commune des Barradères, située dans le département des Nippes, est subdivisée en cinq sections communales. La première section, Gérin ou Mouton ; la deuxième, Tête-d’Eau ; la troisième, Fond-Tortue; la quatrième, La Plaine ; et enfin la cinquième section, Rivière-Salée.

L’économie locale repose essentiellement sur l’agriculture, avec des cultures traditionnelles telles que le café, le citron, la canne à sucre, les bananiers, le coton et le cacao. Ces productions constituent la principale source de revenus pour les familles rurales, bien que leur développement soit freiné par l’enclavement de la commune et le manque d’infrastructures.

PJG/FCNHaïti

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