AREV-Haïti : de la survie à l’autonomie, un projet qui redonne espoir aux plus vulnérables dans le grand Nord

Dans les marchés animés du Nord et du Nord-Est d’Haïti, les changements ne sautent pas immédiatement aux yeux. Pourtant, derrière des étals mieux organisés et des échanges commerciaux plus structurés, une transformation progressive s’opère. Elle est le fruit d’un projet porté par l’Association pour la Réduction de la Vulnérabilité en Haïti (AREV-Haïti), avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), visant à renforcer les capacités économiques des populations les plus fragilisées.
Déployée entre octobre 2025 et mars 2026, ce programme a ciblé une vingtaine de microentrepreneurs, majoritairement des femmes vivant du commerce informel, souvent confrontées à la précarité, au manque de formation et, pour certaines, à la stigmatisation liée au VIH/SIDA. L’objectif visé était de renforcer leurs capacités économiques tout en favorisant leur inclusion sociale.

Dès les premières sessions de formation, organisées dans un espace communautaire à Cité du Peuple, les participants ont été amenés à repenser leur activité. Loin des approches théoriques classiques, les échanges ont porté sur leur quotidien : gestion des revenus, organisation des stocks, fidélisation de la clientèle. Des gestes simples, mais déterminants, ont progressivement été intégrés dans leurs pratiques.
Outre la formation, le projet d’après les informations, s’est distingué par un accompagnement de proximité. Des visites de coaching ont permis d’ancrer les apprentissages dans la réalité du terrain. Dans les marchés et jusque dans les domiciles, les bénéficiaires ont été conseillés, encouragés et suivis dans l’évolution de leurs activités. Ce, en vue d’améliorer leurs pratiques commerciales et de favoriser un regain notable de confiance en soi.
Les données recueillies témoignent de cet impact. Tous les participants se déclarent satisfaits des formations et reconnaissent la pertinence des contenus. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout un changement d’attitude qui retient l’attention : des hommes et des femmes autrefois en retrait prennent désormais des initiatives, analysent leur activité et envisagent des perspectives d’évolution.
Entre défis persistants et perspectives d’avenir
Malgré ces avancées, les défis structurels demeurent. Le manque de capital, l’instabilité des prix et les difficultés d’approvisionnement continuent de freiner l’essor de ces microentreprises. Néanmoins, une dynamique positive est enclenchée, portée par des bénéficiaires désormais mieux outillés pour faire face aux réalités économiques.
À en croire les responsables, le projet a également intégré une forte dimension communautaire, à travers des activités de sensibilisation visant à lutter contre la stigmatisation et à promouvoir l’inclusion sociale. Réunions, campagnes d’information et témoignages ont contribué à changer les regards et à valoriser les parcours de vie des participants.
Clôturé officiellement le 20 mars 2026 au Cap-Haïtien, le projet laisse un héritage durable. Des compétences renforcées, une meilleure organisation des activités et, surtout, une nouvelle perception de soi en tant qu’acteur économique. Plus qu’un appui financier ou technique, il s’agit d’une véritable reconstruction sociale, où dignité et autonomie reprennent leur place.
Pour les responsables du projet, l’enjeu est désormais de pérenniser ces acquis et d’élargir ce type d’initiatives, afin de continuer à accompagner les populations clés vers une inclusion économique et sociale durable.
FCN/Haïti

