Amnesty International déplore la situation alarmante des enfants en Haïti face à la criminalité persistante

Dans un rapport alarmant publié le 12 février 2025, Amnesty International a dénoncé la situation désastreuse des enfants en Haïti, victimes de violences perpétrées par des gangs armés, y compris des recrutements forcés, des viols, des enlèvements, des homicides et des blessures. L’organisation met en lumière des actes particulièrement horrifiants infligés à des filles et des garçons au sein de communautés déjà fragilisées par l’insécurité.
Selon le rapport, des membres de gangs armés ont enlevé, violé et agressé sexuellement des filles lors d’attaques ciblant des quartiers ou après avoir pris le contrôle de certaines zones. Amnesty International a recueilli des informations sur au moins 18 filles ayant subi des violences sexuelles, dont certaines ont été agressées à plusieurs reprises. Dix des cas documentés concernent des viols en réunion, tandis que neuf filles ont été signalées comme ayant été enlevées.
En plus de ces atrocités, le rapport souligne que des enfants sont également recrutés de force par les gangs. Au total, 14 enfants, dont 11 garçons et 3 filles, ont été utilisés par des groupes criminels pour diverses tâches, telles que la surveillance de gangs rivaux, la livraison de biens, et même des travaux de construction. Les témoignages recueillis révèlent que ces enfants se sont engagés par devoir de survie, souvent motivés par la peur ou la faim. Un garçon de 12 ans a rapporté avoir été contraint de recueillir des informations sous la menace de mort : « Si j’avais refusé de le faire, ils m’auraient tué », a-t-il déclaré.
Les statistiques sur la violence à l’égard des enfants en Haïti sont particulièrement préoccupantes. En 2024, Save The Children a rapporté que 184 enfants, dont 123 garçons et 61 filles, ont été tués par des gangs armés, tandis que 105 autres ont été blessés, représentant une augmentation alarmante de 68 % par rapport à 2023.
Amnesty International appelle la communauté internationale ainsi que les donateurs à collaborer avec les autorités et la société civile haïtiennes pour mettre en place des solutions axées sur les droits humains, afin de rompre le cycle de la violence et de protéger les plus vulnérables. L’organisation insiste sur l’urgence d’une action collective pour faire face à la crise humanitaire et sécuritaire qui sévit en Haïti et pour restaurer les droits fondamentaux des enfants, indispensables à tout avenir pacifique et prospère.
Jean Joceler JEAN
FcnHaiti

