Providence propose une Cour pénale caribéenne pour combattre le crime transnational

Le Parti Providence estime que la crise sécuritaire haïtienne ne peut être résolue par des réponses limitées au territoire national. Selon cette formation politique, les réseaux qui alimentent la violence, le trafic d’armes, le narcotrafic, le blanchiment de capitaux et certains crimes politiques disposent de ramifications qui dépassent largement les frontières d’Haïti.
Dans cette perspective, Providence propose la création d’une Cour pénale caribéenne spécialisée dans la criminalité transnationale. Cette juridiction serait établie par un traité entre les États participants et pourrait, dans le respect de leur souveraineté, poursuivre les crimes graves dont les ramifications dépassent les capacités ou les frontières d’un seul État.

La juridiction envisagée pourrait notamment traiter les dossiers liés au trafic international d’armes, au narcotrafic, au blanchiment d’argent, au financement d’organisations criminelles ainsi qu’aux réseaux impliqués dans des assassinats politiques ou des opérations de déstabilisation. Son intervention serait encadrée par des règles précises et acceptées par les États signataires.
Pour Providence, cette proposition s’inscrit dans une vision de « révolution stratégique » et de reconquête de la souveraineté nationale. Le parti estime que la souveraineté ne doit pas être synonyme d’isolement, mais qu’elle doit permettre à l’État haïtien de choisir ses partenaires et les mécanismes de coopération nécessaires à la protection de sa population.
La formation politique souligne que les groupes criminels peuvent acquérir des armes à l’étranger, transférer des capitaux à travers plusieurs juridictions et organiser leurs opérations depuis différents territoires. Cette dimension internationale complique le travail des institutions nationales et favorise, selon Providence, l’impunité de certains acteurs.
Le projet prévoit donc également la mise en place d’un parquet régional spécialisé, de mécanismes d’échange de renseignements financiers, d’une coopération accrue entre les forces de police et les autorités judiciaires, ainsi que de dispositifs permettant de retracer les armes et de saisir les avoirs provenant du crime organisé.
Providence précise que cette juridiction ne devrait pas se substituer à la justice haïtienne. Elle aurait plutôt vocation à compléter les capacités nationales et à intervenir dans les affaires relevant des compétences définies par le traité constitutif.
Pour le parti, une telle coopération permettrait également de poursuivre les acteurs économiques, financiers et logistiques qui contribuent au fonctionnement des réseaux criminels sans se trouver directement sur les lieux où les crimes sont commis.
Cette approche pourrait aussi concerner les commanditaires présumés d’assassinats visant des personnalités politiques, des journalistes, des policiers, des magistrats ou des citoyens. Providence considère que les frontières ne doivent plus constituer un moyen permettant aux responsables de crimes transnationaux d’échapper aux poursuites.
La création d’une telle Cour ne constituerait toutefois qu’un volet d’une stratégie sécuritaire plus vaste. Le programme de Providence prévoit également le renforcement de la Police nationale d’Haïti, la reconstruction des capacités de défense du pays, l’indépendance de la justice, la lutte contre la corruption et la réforme des institutions publiques.
L’objectif affiché est de réduire l’impunité et d’augmenter le coût judiciaire, financier et opérationnel des activités criminelles organisées.
À travers cette proposition, Providence défend l’idée d’une Haïti capable de renforcer ses propres institutions tout en développant des alliances stratégiques avec les autres États de la Caraïbe.
Le parti entend ainsi promouvoir une nouvelle architecture régionale de sécurité, fondée sur la coopération judiciaire et policière. Pour Providence, face à une criminalité organisée qui franchit les frontières, les États caribéens doivent disposer d’outils communs pour identifier les réseaux, poursuivre leurs responsables et protéger leurs populations.
JJJ / FcnHaiti

