TPS des Haïtiens, le gouverneur républicain Mike DeWine appelle Donald Trump à renoncer aux expulsions

Le gouverneur républicain de l’Ohio, Mike DeWine, a appelé l’administration du président Donald Trump à reconsidérer sa décision de mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. Dans une prise de position inhabituelle au sein du Parti républicain, il a estimé que le renvoi de milliers d’Haïtiens vers leur pays constituerait une « erreur », au regard de la situation sécuritaire et humanitaire qui prévaut en Haïti.
Dans un entretien accordé à CBS News, relayé par Le Floridien, Mike DeWine a affirmé que les bénéficiaires haïtiens du TPS, installés légalement aux États-Unis, occupent des emplois essentiels, créent des entreprises et participent activement au développement économique de plusieurs collectivités de l’Ohio, notamment à Springfield. Selon lui, leur départ fragiliserait des secteurs déjà confrontés à une pénurie de main-d’œuvre.

Le gouverneur a également souligné que les conditions actuelles en Haïti ne permettent pas d’envisager des retours massifs en toute sécurité. Il a décrit un pays plongé dans un « chaos quasi total », marqué par la violence des groupes armés, l’instabilité politique et une grave crise humanitaire. « Haïti est un enfer aujourd’hui », a-t-il déclaré, estimant que les expulsions exposeraient les personnes concernées à des risques majeurs.
Cette prise de position s’ajoute à celle du représentant républicain de Floride, Carlos Giménez, qui s’est lui aussi opposé à la suppression du TPS pour les Haïtiens. Élu d’un État abritant une importante communauté haïtiano-américaine, il considère que des expulsions dans le contexte actuel seraient à la fois dangereuses sur le plan humanitaire et préjudiciables pour plusieurs secteurs économiques américains, notamment les services de santé.
Ces déclarations illustrent l’émergence d’un débat au sein même du Parti républicain sur l’avenir du TPS. Alors que l’administration Trump soutient que ce dispositif humanitaire doit prendre fin dès que les conditions légales le permettent, certains responsables de son propre camp estiment que la crise persistante en Haïti et l’apport économique des travailleurs haïtiens justifient une approche plus prudente.
La récente décision de la Cour suprême autorisant l’administration fédérale à mettre un terme au TPS a renforcé l’incertitude pour des centaines de milliers de ressortissants haïtiens vivant et travaillant légalement aux États-Unis. Si les déclarations de Mike DeWine ne modifient pas la politique fédérale en matière d’immigration, elles mettent en évidence des divergences croissantes au sein du camp républicain sur la gestion de ce dossier sensible, où les considérations humanitaires se heurtent aux priorités de la politique migratoire.
JJJ / FcnHaiti

