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Le Premier ministre haïtien en mission à Washington

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, invité à la réunion tripartite ONU /CARICOM-EPG/OEA , a entamé, ce mercredi, un déplacement diplomatique à Washington . Selon des sources diplomatiques, sa venue est motivée par la nécessité de rencontrer le secrétaire général de l’Organisation des États Américains, Albert Ramdin, afin de discuter d’une ambitieuse « feuille de route pour Haïti ». Ce plan, qui vise à mobiliser plusieurs milliards de dollars, a pour objectif de relever le pays d’une impasse institutionnelle qui compromet sa stabilité.

Il convient de souligner que cette démarche intervient dans un contexte de scepticisme. En effet, lors d’une interview accordée à l’AFP vendredi dernier, M. Ramdin se montrait lui-même pessimiste quant à la mise en œuvre concrète d’un projet d’une telle envergure. Ce pessimisme se déduit d’un constat partagé par plusieurs observateurs : malgré le voyage précédent de M. Fils-Aimé à Washington en juillet dernier, dû en partie à des entretiens avec des responsables américains et de l’OEA, aucune avancée tangible n’a été enregistrée sur le terrain.

Par ailleurs, le Premier ministre avait fait escale à Miami dès mardi, sa presence marque ainsi une reprise rapide de ses activités diplomatiques sur la scène internationale. Toutefois, cette réapparition sur le devant de la diplomatie américaine ne serait selon certains, qu’une répétition sans réel suivi, dans la mesure où le cabinet ministériel n’a, à ce jour, publié aucun communiqué officiel confirmant ni les objectifs ni l’issue attendue de cette mission.

En même temps qu’à ces initiatives diplomatiques, l’exécutif haïtien demeure dans l’incapacité d’annoncer une date pour le référendum constitutionnel ni pour les élections, prévues avant la fin de l’année 2025. Cette incertitude institutionnelle accentue les interrogations quant à la pertinence et à la mise en œuvre concrète de la « feuille de route » proposée.

Ainsi, si l’enjeu d’une mobilisation financière colossale apparaît comme une issue potentielle pour sortir Haïti d’une crise prolongée, les doutes exprimés par le secrétaire général de l’OEA et plusieurs acteurs diplomatiques internationaux laissent planer une incertitude quant à la faisabilité réelle de cette initiative. La communauté internationale suivra de près ces développements, dans l’espoir d’un redressement concret et durable pour la nation haïtienne.

JJJ / FcnHaïti

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