Haïti : L’ONU s’inquiète de la montée en puissance des gangs à Port-au-Prince

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a exprimé une vive inquiétude quant à l’aggravation de la situation en Haïti, où la menace des gangs criminels devient de plus en plus alarmante. Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a averti que le risque est grand qu’une occupation totale de Port-au-Prince par des groupes armés se concrétise, aggravant ainsi une crise déjà critique.
Actuellement, les gangs contrôlent environ 85 % de la capitale haïtienne, rendant les opérations de la police nationale presque impossibles. Ce climat d’insécurité nuit non seulement à la sécurité des citoyens, mais compromet aussi la capacité de l’État à fonctionner correctement, plongeant le pays dans un chaos politique et social. Malgré le déploiement partiel de la mission internationale de soutien à la sécurité (MMAS) dirigée par le Kenya, avec seulement 800 policiers présents sur les 2500 initialement prévus, les efforts pour restaurer l’ordre sont jugés largement insuffisants.
La situation humanitaire en Haïti est tout aussi préoccupante. Plus de six millions de personnes sont actuellement dans le besoin d’une aide d’urgence. Parmi elles, un million se retrouvent déplacées, et deux millions souffrent d’insécurité alimentaire sévère, une crise exacerbée par l’instabilité et la violence ambiante.
L’État haïtien est à un tournant critique, confronté à un risque d’effondrement total, à moins que des mesures immédiates et efficaces ne soient prises pour endiguer la menace des gangs et répondre aux besoins fondamentaux de la population. L’ONU appelle à une mobilisation internationale accrue pour soutenir les efforts de stabilisation et faciliter l’accès à l’aide humanitaire, afin de préserver ce qu’il reste des structures de l’État et d’apporter un minimum de sécurité aux Haïtiens.
Dans ce contexte troublé, l’avenir d’Haïti demeure incertain, et le temps presse pour éviter une détérioration encore plus grave de la situation sécuritaire et humanitaire dans le pays.
Jean Joceler JEAN
FcnHaiti
