Un CPT avec des membres qui pêchent en eau trouble

Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), censé être le pilier de la gouvernance dans une période d’incertitude, semble naviguer dans des eaux troubles. Les récentes tentatives d’organiser un conseil des ministres, crucial pour le futur du pays, ont été entravées par des tensions internes et des divergences au sein même de cette instance dirigeante.
Les conseillers-présidents, au lieu de se concentrer sur les enjeux majeurs du pays, semblent accaparés par des luttes intestines pour le partage de postes de direction générale. Cette quête de pouvoir, désolante et déconnectée des réalités du quotidien, s’opère au mépris du désespoir d’un peuple haïtien de plus en plus en détresse. Alors que quarante-et-un mille (41 000) habitants fuient leur domicile face aux menaces perpétuelles des bandes armées, les membres du CPT apparaissent davantage préoccupés par leurs privilèges personnels et la quantité de postes qu’ils pourraient obtenir.
Cette situation soulève des questions légitimes sur la capacité de l’exécutif à répondre aux besoins fondamentaux de la population. Les infrastructures publiques, parfois financées à hauteur de plusieurs millions de dollars, sont laissées à l’abandon, proies faciles pour des groupes criminels qui exacerbent l’anarchie ambiante. Au lieu de restaurer ces édifices et de garantir la sécurité des citoyens, le CPT semble prioriser un agenda personnel, laissant le pays s’enliser davantage dans une crise humanitaire.
Dans ce contexte chaotique, quelle espoir peut-on nourrir pour un État qui semble privilégier l’enrichissement personnel de ses dirigeants plutôt que l’amélioration des conditions de vie de sa population ? L’absence de volonté politique et de vision collective met en lumière une gouvernance en perte de repères, où les intérêts personnels prennent le pas sur l’intérêt général.
Il est essentiel que les membres du CPT prennent conscience de l’urgence de la situation. Un rétablissement immédiat des priorités en faveur de la sécurité, de la réhabilitation des infrastructures et du soutien aux populations les plus vulnérables s’avère indispensable. La survie même de la nation haïtienne en dépend.
Jean Joceler JEAN
FcnHaiti
