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Transport scolaire : dans le sud, des autobus à l’arrêt, les élèves à pied

Depuis le mois de septembre, le directeur de la compagnie de bus chargée du transport scolaire a déployé plusieurs autobus dans la région du Grand Sud afin de faciliter le déplacement des élèves. Trois mois après l’arrivée de ces autobus, plusieurs d’entre eux restent pourtant immobilisés. C’est notamment le cas de deux bus attribués au département du Sud, toujours stationnés dans un parking, alors que dans de nombreuses communes de ce département, les élèves continuent de subir la poussière et la boue, surtout en période de pluie, pour se rendre à l’école.

Depuis des temps, le transport des élèves s’impose comme une épreuve quotidienne dans le pays notamment dans la région du Grand Sud. Consciente de la gravité de cette réalité, la direction de la compagnie chargée du service a dépêché, dès le mois de septembre, plusieurs autobus dans ladite région, afin d’alléger la marche des enfants vers le savoir.

Mais trois mois plus tard, l’espoir s’essouffle. Dans le département du Sud, deux véhicules demeurent immobiles, prisonniers d’un parking, comme des promesses restées muettes. Oendant ce temps, dans la ville des Cayes et les communes avoisinantes, des cohortes d’élèves poursuivent leur longue marche, les pieds dans la poussière ou la boue, affrontant la rigueur du soleil et les caprices de la pluie.

Transport scolaire : dans le sud, des autobus à l'arrêt, les élèves à pied

Le dysfonctionnement de ces deux autobus soulève une multitude de questions au sein des parents et de la population. À quoi servent ces autobus s’ils demeurent immobiles ? Pourquoi ont-ils été envoyés dans le Sud si leur mise en circulation reste entravée ? Qui porte la responsabilité de cette immobilisation ? Le directeur de la compagnie est-il informé que ces véhicules ne remplissent pas leur fonction première, conduire les élèves vers l’école ? Autant d’interrogations pour lesquelles la population attend des réponses.

Les autorités éducatives ne pipent mot

Pendant ce temps, le silence des autorités éducatives du département demeure assourdissant, aucune voix ne s’élevant pour défendre les écoliers. Tout semble se dérouler comme si l’immobilité des bus, figés dans leur stationnement, était une évidence acceptée. Et pourtant, chaque jour, des enfants continuent de marcher sur des routes interminables, exposés à la morsure du soleil et à la poussière des chemins, comme si ce labeur quotidien faisait partie de leur destin.

Pire encore, ces bus qui devraient transporter les élèves sont, dès le mois prochain, susceptibles d’être utilisés dans les rues à des fins politiques par certains politiciens du département, dans le cadre de campagnes électorales qui, selon la population, n’apportent aucun bénéfice concret aux habitants.

Pour des particuliers, cette situation est symptomatique d’un manque de suivi et de coordination entre la compagnie de transport et les autorités éducatives. Les enfants restent les premières victimes de cette inertie, payant le prix d’un dysfonctionnement qui pourrait facilement être évité si les bus étaient mis en circulation comme prévu.

L’urgence est désormais de savoir quand et comment ces autobus seront enfin utilisés pour leur mission initiale, transporter les élèves en toute sécurité et améliorer leur accès à l’éducation, au lieu de rester stationnés inutilement et de servir des politiques aux besoins des écoliers.

FCN/Haïti

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