Transition politique : l’ANR plaide pour un Conseil d’État à trois membres après le CPT

À l’approche de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue pour le 7 février 2026, les prises de position se multiplient sur l’avenir politique du pays. Réunis en conférence de presse le vendredi 19 décembre 2025 à Delmas, les dirigeants de l’Alliance nationale de rupture (ANR) ont dressé un constat sévère de la situation nationale et présenté leur proposition pour encadrer la prochaine transition.
Selon l’ANR, la crise multidimensionnelle qui frappe Haïti marquée par l’insécurité persistante, l’effondrement économique, la fragilisation des institutions et la détérioration du climat social, témoigne de l’échec du cadre de gouvernance actuel. Face à cette impasse, l’organisation estime indispensable la mise en place d’un nouvel accord politique, inclusif et souverain, capable de jeter les bases d’une transition brève, ordonnée et légitime.

Les responsables de l’ANR soulignent que cette transition de « refondation nationale » doit impérativement associer l’ensemble des forces vives du pays. Ils appellent à la participation des partis politiques, des organisations sociales et syndicales, du secteur universitaire, de la jeunesse, du monde rural ainsi que de la diaspora haïtienne, afin de garantir un processus représentatif et crédible.
Dans cette perspective, les forces politiques non signataires de l’accord du 3 avril se sont concertées et ont adopté un nouvel Accord politique. Celui-ci prévoit la mise en place d’un Conseil d’État composé de trois membres, présenté comme une formule de consensus visant à assurer l’équilibre institutionnel, la représentativité des secteurs et la stabilité de la gouvernance durant la prochaine transition.
D’après les précisions fournies par l’ANR, la présidence du Conseil d’État serait assurée, pour toute la durée de la transition, par un juge de la Cour de cassation. Ce dernier serait accompagné d’un représentant du secteur politique et d’un représentant de la société civile, tous deux non signataires de l’accord du 3 avril 2024. Les trois membres du Conseil d’État devraient prêter serment le 7 février 2026, date marquant la fin officielle du mandat du CPT.
À travers cette proposition, l’Alliance nationale de rupture entend ouvrir le débat sur une alternative institutionnelle qu’elle juge plus conforme aux principes constitutionnels et aux aspirations populaires. Elle affirme vouloir rompre avec les pratiques ayant conduit, selon elle, à l’impasse actuelle, et appelle les autres acteurs nationaux à s’engager dans un dialogue franc autour de cette initiative.
Alors que le pays s’enfonce dans une crise prolongée, la question de la succession du CPT s’impose désormais comme un enjeu central du débat politique. Les prochaines semaines devraient être déterminantes pour l’émergence d’un consensus autour du cadre de la transition à venir.
Fact Checking News (FCN)

