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Silence rompu, patience épuisée: le RANAMSA-P interpelle le MCI

Longtemps traitée en parent pauvre dans les politiques publiques haïtiennes, la structure dénommée : « Rasanbleman nasyonal Madan Sara ak peyizan » (RANAMSA-P) brise enfin le silence et hausse le ton. Après des mois d’attente et de promesses non tenues, l’organisation monte au créneau pour appeler le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) à honorer ses engagements envers les Madan Sara, ces femmes commerçantes qui assurent, au quotidien, la circulation des produits agricoles et alimentaires dans tout le pays. Leur patience est à bout. Leur voix, longtemps ignorée, s’élève désormais avec force et détermination.

Madame Melita Pierre, présidente du « Rasanbleman Nasyonal Madan Sara ak Peyizan yo (RANAMSA-P) », a exprimé son mécontentement face au silence du ministre du Commerce et de l’Industrie (MCI), James MONAZARD. Lors d’un entretien accordé à l’agence en ligne « Le Relief Haïti », elle appelle le ministre à respecter ses engagements envers les femmes commerçantes du secteur informel.

Selon Mme Pierre, lors de plusieurs rencontres officielles, le ministre MONAZARD avait sollicité des propositions concrètes de la part du RANAMSA-P, les encourageant à formuler des recommandations pour améliorer leurs conditions de travail. Ces documents ont été dûment transmis, des réunions ont été tenues, mais à ce jour, aucune suite n’a été donnée. Le mutisme du ministère est perçu comme un manque de considération inacceptable.

Silence rompu, patience épuisée: le RANAMSA-P interpelle le MCI

Très remontée, la présidente du RANAMSA-P déplore cette attitude, qu’elle qualifie de mépris institutionnalisé. Elle rappelle que ce secteur, souvent marginalisé, a pourtant vu émerger de nombreuses figures emblématiques du pays. Les Madan Sara, selon elle, ne sont pas de simples revendeuses : elles sont les vecteurs de la résilience économique, les garantes de la circulation des produits agricoles, et les piliers de la survie alimentaire de milliers de familles.

« Nous sommes déçues. L’insécurité nous a tout pris. Et maintenant, c’est le mépris des autorités qui nous frappe. On nous fait tourner en rond », a-t-elle dénoncé tout en annonçant que des rassemblements seront organisés dans les jours à venir pour exiger que le ministre tienne enfin ses promesses. À l’approche de la rentrée scolaire, le RANAMSA-P attire aussi l’attention du gouvernement sur la situation difficile des mères commerçantes, qui peinent à préparer leurs enfants pour l’école. « Elles ne savent plus vers qui se tourner », a déclaré Mme Pierre, appelant les autorités à soutenir le RANAMSA-P et les femmes du secteur.

Ce réveil n’est pas un simple cri de protestation : c’est un appel à la justice. Les Madan Sara ne demandent pas des faveurs, elles revendiquent des droits. Elles sont les actrices invisibles de l’économie haïtienne, celles qui, malgré les routes impraticables, l’insécurité et l’absence de soutien institutionnel, continuent de faire vivre les marchés, nourrir les familles et maintenir les liens entre zones rurales et urbaines. Leur exclusion des politiques publiques est non seulement injuste, mais économiquement suicidaire.

FC/Haïti

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