RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027 : LE BONADDH DEMANDE DES MESURES CONCRÈTES

Le Bureau d’Observation National de la Défense des Droits Humains (BONADDH) exprime sa profonde préoccupation face à la rentrée scolaire 2026-2027, lancée dans un contexte où de nombreuses familles haïtiennes font face à de graves difficultés économiques.
Comment demander aux parents d’envoyer leurs enfants à l’école alors que plusieurs employés de la fonction publique connaissent encore des retards dans le paiement de leurs salaires et que de nombreuses familles vulnérables ne bénéficient d’aucun accompagnement suffisant pour payer les frais scolaires, les uniformes, les fournitures et le transport ?
Le BONADDH invite le MENFP et le FNE à rendre publiques les mesures d’accompagnement annoncées pour les parents et les établissements scolaires, ainsi que les modalités et le calendrier de leur mise en œuvre.

Par ailleurs, le BONADDH tient à réagir à la déclaration attribuée au Ministre de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle, M. Vijonet DEMERO, selon laquelle « voye ti moun lekòl se bagay ki konsène paran », en rappelant que, lorsqu’il était lui-même élève, ce sont ses parents qui l’envoyaient à l’école.
Le BONADDH estime qu’une telle déclaration est regrettable venant du responsable de l’éducation nationale.
Certes, les parents ont une responsabilité essentielle dans l’éducation de leurs enfants. Mais le rôle d’un ministre de l’Éducation est précisément de veiller à ce que les conditions soient réunies pour permettre à tous les enfants, y compris ceux issus des familles les plus vulnérables, d’avoir accès à l’éducation.
Un ministre ne peut pas simplement renvoyer la responsabilité aux parents sans tenir compte de la réalité économique et sociale qu’ils vivent.
L’éducation est une responsabilité partagée : les parents ont leur rôle, mais l’État a également ses obligations.
Le BONADDH demande donc au gouvernement et au MENFP de passer des déclarations aux actions concrètes et de mettre en place un véritable accompagnement en faveur des familles vulnérables.
Les enfants haïtiens ont droit à l’éducation. Les parents ont droit au respect. Les enseignants ont droit à leurs salaires et à leurs droits. Et l’État doit assumer ses responsabilités.
Me Chedly JEAN
Coordonnateur Général
BONADDH

