Pour une transition au service du peuple : l’Accord Montana hausse le ton

Face à l’aggravation de la crise politique, sécuritaire et sociale en Haïti et à la suite de la décision des membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’Accord Montana hausse le ton et appelle à une réorientation profonde du processus de transition en Haïti. L’organisation dénonce une gouvernance marquée par l’ingérence des élites économiques et d’acteurs internationaux, et plaide pour une transition fondée sur la justice sociale, la souveraineté nationale et les intérêts de la majorité populaire.
L’Accord Montana a salué la décision prise par des membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, y voyant un tournant majeur dans la crise multidimensionnelle que traverse Haïti. Selon cette entité politique, la situation actuelle du pays ne saurait être réduite à un simple dysfonctionnement institutionnel, mais révèle une confrontation profonde entre des intérêts de classe opposant une majorité populaire appauvrie à une minorité économique historiquement dominante.

Dans ce contexte, l’Accord Montana dit prendre acte de la note rendue publique le 22 janvier par une frange du secteur privé, exprimant son soutien affiché à Laurent Saint-Cyr. Pour ses signataires, cette prise de position illustre la persistance de certains groupes économiques à vouloir influencer directement les choix politiques, économiques et institutionnels du pays afin de préserver des privilèges et des « passe-droits indus », souvent au détriment de l’intérêt général, de la souveraineté nationale et des aspirations démocratiques du peuple haïtien.
La révocation du chef du gouvernement est également perçue comme une étape importante dans la prise de conscience collective de l’ampleur de l’ingérence conjointe de la communauté internationale, des élites économiques et politiques locales dans la gouvernance nationale. Elle met en lumière, selon l’Accord Montana, la gravité de la crise politique, sécuritaire et sociale qui secoue le pays.
Pour l’organisation, cette décision ouvre une opportunité historique de rupture avec un modèle de transition jugé « capturé par des intérêts de classe », tout en permettant de prévenir le recours à des solutions imposées de l’extérieur à l’approche de l’échéance du 7 février 2026.
L’Accord Montana estime que cette nouvelle phase doit déboucher sur des perspectives politiques claires, notamment la nomination et l’installation d’un Premier ministre par intérim réellement indépendant des oligarchies économiques et des agendas étrangers. Il appelle également à un changement stratégique au sein du leadership du CPT si l’actuel coordonnateur venait à faire obstacle à l’exécution d’une décision prise par la majorité, conformément au cadre légal en vigueur.
Par ailleurs, l’organisation plaide pour la convocation urgente des forces politiques, sociales et populaires en vue de la conclusion, avant le 7 février, d’un accord politique inclusif fondé sur la justice sociale, la souveraineté nationale et l’équité.
Enfin, l’Accord Montana met en garde contre toute tentative d’instrumentalisation de la Police nationale d’Haïti (PNH) à des fins politiques ou pour la protection d’intérêts de classe, une pratique qu’il juge dangereuse et susceptible d’aggraver la crise tout en compromettant toute perspective de stabilité durable dans le pays.
FCN) Haïti

