Nécrologie : de Accident à Jolie Minou, Dieudonné J. Larose tire sa révérence à 80 ans

Dieudonné Larose, figure emblématique de la musique haïtienne, est décédé ce vendredi 9 janvier 2025 à l’âge de 80 ans. L’annonce de sa disparition, largement relayée sur les réseaux sociaux, a suscité une vive émotion en Haïti comme au sein de la diaspora.
Né le 5 juin 1945 à Port-au-Prince, Dieudonné Larose était père de 25 enfants et grand-père de 16 petits-enfants, selon des déclarations qu’il avait lui-même faites à RTVC. Ces derniers mois encore, l’artiste affirmait jouir d’une bonne santé, assurant ne ressentir « aucune contrainte corporelle ».

Issu d’un milieu familial aux origines diverses, avec des attaches à Jacmel, dans l’Artibonite et à Limbé, Dieudonné Larose incarnait une certaine diversité culturelle haïtienne. Cette pluralité transparaissait dans son œuvre, marquée par un mélange de konpa, de ballades d’inspiration latine, de rythmes afro-caribéens et de textes à forte portée sociale.
Il fait ses débuts au sein de petites formations locales avant de se faire remarquer avec Shoogar Combo. Il gagne ensuite en notoriété avec Dixie Band, puis inscrit durablement son nom dans l’histoire du konpa au sein de Missile 727. Des titres devenus populaires comme Accident, Mandela, Jolie Minou ou Guerre mondiale ont contribué à asseoir sa réputation et à inscrire son œuvre dans la mémoire collective.
Au fil des années, Dieudonné Larose s’est affirmé comme un artiste engagé, reconnu pour une écriture directe et sans détours. « On a une plateforme. Il faut dire quelque chose qui serve aux jeunes, aux vieux, à tout le monde », confiait-il à l’agence Presse Haïti Inter.
Son parcours n’a toutefois pas été exempt de difficultés. Les conflits internes au sein de ses groupes et certaines pratiques de l’industrie musicale ont freiné ses ambitions, notamment son projet de faire de Missile 727 brièvement rebaptisé 747 un véritable empire musical. Malgré les obstacles, l’artiste n’a jamais renoncé. « J’ai été victime du système. Mais je suis un combattant », répétait-il souvent.
La disparition de Dieudonné Larose laisse un vide notable dans le paysage culturel haïtien. Artiste libre et observateur critique de son temps, il a su traduire en musique les espoirs, les blessures et les luttes de la société haïtienne. Son œuvre, toujours présente dans l’imaginaire collectif, continuera de résonner dans le monde musical haïtien.
Fact Checking News (FCN)

