
Il n’y a pas longtemps, un ancien maire de la commune Carrefour publia sur son statut WhatsApp quelques images du bâtiment flambant neuf, mais non encore achevé de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti. J’étais abasourdi de voir cette merveille qui sera l’HUEH. Cependant j’avais, et je l’ai encore aujourd’hui, un petit souci. Le symbolisme de l’hôpital Général, ce mythe de mon enfance sera-t-il un jour à nouveau debout?
L’hôpital de l’université d’État d’Haïti a longtemps perdu son image; je ne parle même pas de son prestige. En moins d’une génération l’HUEH, qui fut l’un des plus prestigieux hôpitaux de référence dans la caraïbe, est devenu l’antichambre de la mort, vu l’état du service fourni et la maltraitance politique de l’espace. Ce n’est pas seulement l’HUEH qu’on a détruit en quelques années et le pire sans nous en rendre compte; la plupart de nos institutions, jadis symbole de notre fierté, aujourd’hui écœurant.

Les réaménagements du bâtiment ont été lances timidement il y quelques années suite à de nombreux reportages de journalistes de différents medias locaux et internationaux. Les travaux ont tellement trainé qu’on a failli oublier s’il y avait encore un endroit de ce genre en Haïti. De plus, il y a longtemps que le staff médical a laissé tomber les patients au mépris du serment d’Hippocrate.
L’espace a été infesté de cafards et occupé par des rats à cause de son état insalubre, et là, je suis gentil de ne pas vous décrire les images faisandes mélangeant sur un même tableau sombre et désolant, malade, personnel et environnements physiques. Tant qu’on y est, n’oublions pas le petit marché public qui s’installe sous les nez congestionnés des responsables de l’hôpital et de la santé publique; et qui attire de l’insécurité et toute sorte d’ennui dans l’entourage de centre hospitalier.
Bref… tout comme le stade Sylvio Cator qui est devenu un endroit antisportif, l’HUEH constitue depuis un certain temps un problème de santé publique, générant infections et stresses au quotidien. Situé à quelques lieux de Bel-Air, le chantier a failli être fermé à plusieurs reprises pour des raisons de sécurité. Ceux qui fréquentent l’endroit sont exposés au kidnapping, au braquage et aux balles perdues.
Alors pour toutes ces raisons, je voudrais vous dire que l’hôpital général est plus que le bâtiment flambant neuf que vous avez conçu. C’est l’accueil, la gentillesse du personnel infirmier, l’adresse des médecins dont les préoccupations premières étaient de sauver les vies avant de récolter l’argent, la bonne gestion des dossiers des patients, dans le respect de leur dignité, même après des années de consultations, l’indulgence et la compassion pour les démunis. Enfin l’espoir de repartir soulager après avoir franchi les portes de l’HUEH.
Pourra-t-on remettre sur pied cet hôpital général de mon enfance? Un hôpital général moderne avec un esprit de service public digne de notre histoire de peuple hospitalier, cou1qrtois, resilient et respectueux de la vie. Reconstruisez mon hôpital général, celui que ma mère a connu, de grâce!
Jean Mapou
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