
Je sais que les titres de mes papiers sont souvent osés. J’aime vraiment être différent; avec ma technique d’écriture peu conventionnelle, je pose des questions parfois surprenantes. Ecriture peu conventionnelle mais sincère reflétant mon intime conviction.
On ne peut pas trouver une aiguille dans une boite de foins… Diogène a bien cherché un honnête homme, avec une torche allumée en plein midi. Au milieu d’une foule d’assassins de toute triture, je suis convaincu qu’on devrait cesser de chercher à retrouver les assassins de Jovenel, mais plutôt le très peu de mains innocentes dans ce crime odieux.
Aujourd’hui, malgré tout, je continue encore de me poser des questions, pas comme ceux qui prétendent apprécier Jovenel à sa mort pour en tirer profit; d’ailleurs c’est une coutume chez nous de faire des éloges hypocrites des gens à leur mort. Je maintiens toujours mes critiques acerbes vis-à-vis du défunt Président pour son comportement laxiste et le marchandage de ses discours. On dirait qu’il voulut protéger quelqu’un ou quelque chose. Peut-être qu’il ne pouvait ou ne le voulait pas, mais c’est certain qu’il n’avait rien compris du tout.
Mais je dirais plutôt que c’était lui le mal compris, le pion mal utilisé sur l’échiquier. Il est mort dans l’incompréhension de son incompréhension. Ses amis prétendus, ses ennemis jurés, la presse… même l’église; tous le lynchaient d’une manière ou d’une autre. Alors reposez-vous la question, comme moi, dans le sens inverse, «Qui n’a pas assassiné Jovenel Moise»?
À regarder son assassinat se transformer en un instrument de politique, un jeu de carte d’électoralistes, on admettra que les mercenaires étaient plus que ceux qu’on nous a présentés, dénoncés ou recherchés. Chacun cherche à tirer son os de ses os brisés, sa part de sa chaire mutilée. Le discours de ceux qui se réclament JOVENELISTES, ne reflète en rien le Jovenélisme qu’il ne put se tailler de son vivant. Si tenté qu’il y crut lui-même.
Qui a toujours été Jovenel Moise? Qui est encore Jovenel? Y en aura-t-il peut-être un qui demeure encore dans leur jovenélité? Ou va-t-on tout chambarder au profit d’un nouveau modèle de société et de citoyenneté sans avoir affaire à des Jovenel à éliminer?
Au-delà de son humanité, Jovenel Moise était une représentation de la façon dont une classe minoritaire manipule la majorité endormie; il était l’incarnation d’un discours [creux pour ses adversaires] revendicatif pour des paysans, des prolétaires, et des défavorisés, bref pour ses partisans… avec tout de même un stratagème politique peu orthodoxe, sans trop de dynamique scientifique… mais c’était tout Jovenel qui crut pouvoir apprivoiser le chou et ménager la chèvre.
Il était devenu un héraut, de je ne sais qui ou quoi. Peut-être que c’était son rôle dans l’histoire du pays, apporter un message peut-être mal reçu ou mal compris. Ceux qui se sont reconnus en lui sont encore plus nombreux à être victimes des massacres à proprement parler, mais aussi des massacres du mépris, de la calomnie, de la presse, de la faim, du cynisme des hommes et des femmes dans l’Etat. Si on n’avait pas défoncé sa porte cette fameuse nuit, on aurait de toute façon détruit son caractère et la motivation de ceux qui se reconnaissaient dans ses discours.
Alors, ne devrait-on pas cesser de chercher, comme tout commun des mortels, des mercenaires étrangers ou des comploteurs locaux? Car nombreux sont les assassins et nombreux aussi sont les Jovenel. Qui n’a pas ou n’a jamais assassiné Jovenel? Moi ou peut-être toi cher lecteur? Le banditisme et la corruption sont tellement devenus monnaie courante dans ce pays, il faut maintenant commencer à trouver les gens de bien, ceux qui ont les mains propres pour changer de cap. Mon intime conviction…

Jean Mapou
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