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Mon Intime Conviction: La génération sacrifiée de 1990: chronique d’un espoir brisé

Par Jean Mapou

La génération de 1990 en Haïti porte sur ses épaules le poids d’un rêve trahi. Elle avait cru à la promesse d’un renouveau démocratique, à la fin d’un cycle d’oppression et de dictature. Elle s’était levée, pleine d’audace et de foi, pour bâtir un pays à son image: libre, juste, et tourné vers l’avenir. Mais à peine ses premiers pas franchis, elle a été frappée de plein fouet par un coup d’État militaire qui a pulvérisé ses espoirs.

Cette génération, celle de la reconstruction annoncée, s’est retrouvée prise au piège d’un État complice, d’un système politique qui, au lieu de l’émanciper, a choisi de la criminaliser. On lui a volé son droit à rêver, on a détruit ses espaces de création, d’engagement et de liberté, transformant ses quartiers, lieux de refuge et de créativité, en territoires perdus, sous les lois de la violence armée dont elle est l’instrument.

Mon Intime Conviction: La génération sacrifiée de 1990: chronique d’un espoir brisé

Beaucoup de ses enfants ont été contraints à l’exil, d’autres à la pauvreté ou à la résignation, pendant que les institutions censées protéger l’avenir se sont transformées en machines d’exclusion par des corrompus qui sont censés les ainés, ceux qui devraient tracer la voie. Le droit à l’avenir lui a été confisqué; ses idéaux, transformés en stigmates.

Et aujourd’hui encore, les cicatrices de cette trahison se lisent dans la migration forcée, dans l’insécurité endémique, dans la perte de confiance envers la nation. Le complot qui a brisé cette génération n’est pas mort: il se perpétue dans l’indifférence, dans la reproduction des mêmes injustices, dans l’effacement progressif de la mémoire collective.

Pourtant, malgré les blessures, cette génération n’a pas disparu. Elle survit dans chaque Haïtien qui refuse de céder, dans chaque voix qui s’élève contre le mensonge et l’oubli. Elle survit dans chaque jeune qui accepte de rester à l’école et qui croit encore au bien.

Merci à celles et ceux qui ont tenu la flamme allumée, malgré tout.
Merci à Lionel Saint Félix pour RENAEH.
Merci à Billy Alexis de HM3
Merci à Maherline Antoine pour son projet d’offrir un manuel didactique pour l’enseignement des cours d’éducation à la citoyenneté.
Merci à Rapho pour sa plume, à Dieumaitre Dessources, à Jeff, Ford Delva, Jhemson Noël, Joceler, les Toastmasters, JCI et des centaines de milliers de jeunes qui, dans l’ombre ou sur les réseaux sociaux, tentent leur mieux pour faire la différence.

Merci à Philippe Sauverson pour l’inspiration de ce texte.

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