Lutte contre la désinformation: OCHA forme des journalistes pour mieux comprendre le travail humanitaire en Haïti

Sous l’appel du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), une trentaine de professionnels de médias ont participé, les 23 et 24 janvier 2025, à un atelier de formation sur la responsabilité des journalistes face aux défis humanitaires. Tenue à Pétion-ville, cette activité organisée sous l’égide de l’OCHA, s’inscrit dans une dynamique d’aider les travailleurs de la presse à mieux comprendre le travail humanitaire en Haïti et lutter contre la désinformation.
Face à la montée de l’ère numérique, on constate une prolifération des fausses informations sur les réseaux sociaux où des gens relayent des intox sans chercher à confirmer la véracité de l’information. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) qui subit ce fléau a jugé nécessaire d’organiser un atelier de formation au profit d’une trentaine de journalistes, en vue de leur permettre de se familiariser aux notions liées aux principes humanitaires tout en renforçant leur compréhension sur les enjeux de la désinformation.


Selon Claire Pressoir, chargée de communication au sein du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), il s’agit d’un atelier visant à renforcer les capacités des professionnels de médias sur les outils liés au travail humanitaire en Haïti afin de combattre la désinformation dans le milieu humanitaire. Les journalistes affirme-t-elle, jouent un rôle très important, car via l’exercice de leur profession, ils aident la population à avoir des informations sur tout ce qui passe au quotidien. Toujours dans le cadre de leur mission, les travailleurs de presse alertent les autorités puis les invitent à prendre des bonnes mesures pour garantir le bien-être de la population. Alors, tenant compte de tous ces devoirs, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), est convaincu que la capacité des hommes et femmes de médias doit être renforcée sur les principes fondamentaux du travail humanitaire pour pouvoir les aider à mieux cerner les différentes actions menées par les organismes humanitaires en Haïti.
Durant ces deux jours de l’atelier, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a mobilisé une panoplie de cadres venant du PAM, de l’UNICEF, de la FAO, Fonds des Nations-Unies pour la population (FNUAP), de Save the children et de la Commission nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) pour aborder la thématique choisie.
De ce fait, les journalistes issus de différents médias de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, dont Fact Checking News (FCN) sous la houlette de plusieurs représentants des agences onusiennes, ont fait connaissance avec les principes fondamentaux du travail humanitaire et appris comment confirmer la véracité d’une information. De leur côté, Vario Serant, Pedro Rodriguez et Valéry Daudier ont tenu en haleine les participants sur les principes journalistiques et le phénomène de désinformation.
Aux dires de Pedro Rodriguez, les médias et les journalistes ne doivent céder à aucune pression. Leur principal intérêt est celui de permettre au public de jouir de son droit d’être informé. « Ils se méfient de toute démarche susceptible d’instaurer entre eux-mêmes et leurs sources un rapport de dépendance ou de connivence. L’indépendance des médias et des journalistes est la condition fondamentale d’une information libre, pluraliste et responsable », a laissé entendre M. Rodriguez.
Élie Dupalis, Gilbert Lucien et Gessika Thomas, quant à eux, ont abordé avec les travailleurs de presse, la notion de reportages humanitaires en donnant des astuces permettant de couvrir les crises humanitaires de manière éthique, tout en respectant la dignité des victimes. Pour Gessika Thomas, représentante de l’UNICEF à cet atelier, les couvertures médiatiques concernant les enfants, doivent refléter les efforts des organismes humanitaires et les besoins pressant des enfants dans les zones affectées. Toujours dans ses propos, les journalistes doivent s’assurer que les informations diffusées sur les enfants ne compromettent pas leur sécurité ou leur avenir. En termes de principes éthiques, elle a poursuivi pour faire savoir que dans les travaux de reportages, il ne faut jamais révéler l’identité des enfants exposés à des risques, et il faut éviter le sensationnalisme et les stéréotypes, a-t-elle insisté.
A l’issue de cet atelier qui a été exclusivement dédié aux professionnels de médias, le coordonnateur de la CNSA, Agr Harmel Cazeau a été également dans la partie pour aborder aux participants le thème l’IPC (cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire) et la mission de la CNSA. L’IPC souligne M. Cazeau, est un indicateur qui mesure la gravité de l’insécurité alimentaire des ménages. Selon les échelles de l’IPC présentées, il existe cinq phases d’insécurité alimentaire. La phase 1 est qualifiée minimale; le niveau 2 est la phase de stress; la phase de crise est le niveau 3; la phase d’urgence et la phase de catastrophe ou famine, sont respectivement les niveaux 4 et 5 de l’insécurité alimentaire.
Il faut souligner que cette formation à l’intention des journalistes a été l’occasion pour les intervenants de partager des conseils salutaires et rappeler certaines règles de base pour que le journalisme soit encore meilleur et que l’information soit respectée dans l’exercice de leur profession.
FCN Haïti

