L’Initiative du 24 avril 2025 propose une transition pacifique du pouvoir vers la Cour de cassation

À quelque mois de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le regroupement politique « Initiative du 24 avril 2025 » appelle à une transition pacifique du pouvoir exécutif vers la Cour de cassation, organe judiciaire suprême du pays. Lors d’une conférence de presse tenue à Pétion-Ville le mardi 26 août, en présence d’un reporter de Fact checking News (FCN), les membres du mouvement ont présenté un plan structuré visant à assurer une passation en douceur, fondée sur les principes de stabilité et de respect institutionnel.
Alors que les incertitudes politiques et les tensions sociales continuent de peser lourdement sur l’avenir du pays à l’issue du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), une voix politique s’élève pour proposer une alternative institutionnelle fondée sur la légitimité et le respect des principes républicains. Il s’agit de « l’Initiative du 24 avril 2025 », qui, dans une nouvelle prise de position publique, vient de présenter un plan structuré visant à assurer une passation pacifique et ordonnée du pouvoir exécutif.

Dans le cadre de la présentation de ce plan de transition, Madame Djina Guillet Delatour, membre active de l’Initiative du 24 avril 2025, a mis en lumière la composition envisagée de la commission de passation. Selon ses déclarations, cette structure serait formée de représentants issus à la fois du secteur public et privé, de membres de la Cour de cassation, de partisans du mouvement citoyen « Kasasyon nou prale », ainsi que de personnalités provenant d’autres secteurs clés de la vie nationale.
Si on croit les dires de Mme Delatour, cette commission aura une lourde tâche, celle de corriger les dérives des membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), dont la gestion a été jugée défaillante, tant sur le plan financier que sécuritaire et institutionnel. Madame Delatour a également dénoncé les manœuvres politiques orchestrées par certains membres du CPT à quelques mois de leur départ, et a déploré une gestion clientéliste des ressources de l’État.
Lors de cette conférence de presse, Eslhomme Raymond, a dressé un constat alarmant de la situation du pays. Selon lui, après plusieurs décennies de crises et de turbulences, Haïti s’est considérablement appauvri, tant sur le plan économique que social. Il a rappelé que plus de deux millions de personnes ont été déplacées à cause de la violence, que six millions souffrent de la faim, et qu’environ cinq mille personnes ont été tuées dans le cadre de ce qu’il qualifie de « machine d’insécurité ». Pour Raymond, la violence est devenue la règle de gouvernance, remplaçant les principes républicains.
Il faut un gouvernement du salut public pour sortir Haïti du marasme
Plus loin, M. Raymond a exprimé son indignation face aux gouvernances successives qui, malgré la dégringolade du pays, n’ont entrepris aucune réforme sérieuse pour inverser la tendance. Cette inertie politique, selon lui, traduit un profond mépris des élites envers les aspirations du peuple haïtien, qui continue de subir les conséquences d’un système défaillant. Face à ce tableau sombre, Raymond appelle à la mise en place d’un gouvernement du salut public, capable de servir le pays avec intégrité et honnêteté, en rompant avec les pratiques clientélistes et les intérêts partisans. Il insiste sur la nécessité d’un leadership éthique, tourné vers le bien commun, pour restaurer la confiance et reconstruire les fondations de la nation.
Quant à l’ancien sénateur de l’Ouest, Jean Renel Sénatus, il s’est montré catégorique: « Les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) doivent partir, sans possibilité de prolongation. » Selon lui, le CPT a failli à sa mission de redressement national et ne saurait légitimement prétendre à une continuité dans la gestion du pays.

Dans cette optique, Me Sénatus estime qu’il est impératif d’organiser une préparation sérieuse de leur départ, dans le cadre d’une transition refondatrice de la nation. Cette transition, selon lui, doit s’appuyer sur un plan de gouvernance clair et structuré, afin de permettre à Haïti d’entrer dans un nouveau régime fondé sur les principes républicains, la transparence et la responsabilité institutionnelle.
Plusieurs voix, dont celle de Me Sénatus, soutiennent que le pouvoir exécutif devrait être confié à la Cour de cassation, considérée comme la seule institution légitime et indépendante capable de conduire le pays vers une sortie de crise durable. Dans un contexte politique marqué par l’instabilité et une méfiance croissante envers les principes républicains, l’Initiative du 24 avril 2025 estime qu’il est impératif d’engager une transition refondatrice de la nation, telle que proposée dans son plan de gouvernance.
FCN/Haïti

