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Les greffiers haïtiens menacent d’entrer en grève générale face aux blocages administratifs

Face aux blocages récurrents dans les nominations, les promotions ainsi que l’adoption d’un statut professionnel pour les greffiers, l’Association Nationale des Greffiers Haïtiens (ANAGH) a décidé, par mesure de protestation, de suspendre immédiatement l’ensemble des prestations de serment sur tout le territoire national, à l’exception des serments effectués par les greffiers récemment nommés substituts commissaires du gouvernement.

Dans une correspondance datée du 12 août 2025 et adressée à Monsieur le Ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Dr Patrick Pélissier, l’ANAGH expose une série de dysfonctionnements notables au sein de l’appareil judiciaire. L’association dénonce notamment le gel persistant des nominations des greffiers diplômés de l’École de la Magistrature et des Administrations publiques (EMA), l’absence de confirmation des greffiers en chef ainsi que le refus d’accorder des promotions aux agents qualifiés. Par ailleurs, l’inaction prolongée autour de la mise en place d’un statut officiel pour les greffiers, entamée depuis plusieurs années sans résultat tangible, freine toute reconnaissance et évolution professionnelle de ces acteurs essentiels au bon fonctionnement des cours et tribunaux haïtiens.

Cette décision de suspendre les serments intervient dans un contexte où, malgré des déclarations réticentes du ministère en faveur d’une réforme judiciaire équitable, des oppositions internes semblent entraver les avancées indispensables pour moderniser le système judiciaire. Martin Ainé, président de l’ANAGH, a ainsi exprimé dans un communiqué son souhait de voir instaurer « un greffe dynamique pour une justice accessible », soulignant que la valorisation des fonctions des greffiers constitue un levier indispensable à l’amélioration de l’efficience judiciaire.

Les greffiers haïtiens menacent d'entrer en grève générale face aux blocages administratifs

L’ANAGH met également en garde contre une escalade des tensions, en annonçant qu’en l’absence de solutions concrètes et rapides pour remédier aux problèmes soulevés, un mouvement de grève générale des greffiers pourrait être déclenché, menaçant d’aggraver une justice déjà fragilisée. La démarche a également été portée à la connaissance du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), renforçant ainsi l’urgence d’un dialogue constructif entre les parties concernées.

Au terme de ce constat critique, il apparaît essentiel que les autorités compétentes prennent des mesures correctrices afin de rétablir un climat de confiance et de permettre aux greffiers, garants du bon fonctionnement de l’appareil judiciaire, de pleinement assumer leurs responsabilités dans un cadre juridique modernisé et reconnu.

JJJ / FcnHaïti

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