International
A la Une

Les Finlandais et les Suédois désormais favorables à une entrée dans l’Otan

Alors que Vladimir Poutine veut que la Finlande et la Suède, non membres de l’Otan, s’engagent à ne jamais la rejoindre, plus la guerre en Ukraine avance et plus les populations de ces deux pays deviennent favorables une éventuelle adhésion.

C’est une autre conséquence de la guerre russe en Ukraine. Les Suédois et les Finlandais, qui traditionnellement étaient opposés à une adhésion à l’Otan, y sont maintenant majoritairement favorables, rapporte notre correspondant à Stockholm, Frédéric Faux. Au cours du mois de février, le nombre de Suédois partisans d’une adhésion à l’Otan a bondi de neuf points pour atteindre le taux record de 51%, selon ce sondage de l’institut Demoskop publié par le journal Aftonbladet. Ceux qui s’y opposeraient ne sont plus que 27%. Une chute de dix points.

La même vague de fond se fait sentir parmi les Finlandais, qui partagent une frontière de plus de 1 300 kilomètres avec la Russie. Ils sont désormais 53% à vouloir rejoindre l’Alliance atlantique. Un taux d’approbation qui n’a jamais été aussi élevé.

Bien que toutes deux partenaires de l’Otan depuis le milieu des années 1990, les deux pays sont officiellement non alignés et entendent le rester. Mais la pression sur leurs dirigeants, qui ont déjà décidé d’envoyer des armes à l’Ukraine, pourrait encore se renforcer au fil de l’avancée russe.

Une « décision énorme »
Le ministre suédois de la Défense Peter Hultqvist a déclaré à la presse qu’un changement de la doctrine du pays en matière de défense serait une « décision énorme ». « Donc vous ne le faites pas du jour au lendemain, vous ne pouvez pas le faire à cause des sondages », a-t-il souligné. La Suède consacre d’importants investissements à ses propres forces militaires et développe sa coopération avec d’autres pays, a relevé le ministre.

Le président finlandais Sauli Niinisto, qui doit rencontrer vendredi le président américain Joe Biden, a quant à lui appelé ses compatriotes à « garder la tête froide » concernant la question d’une adhésion à l’Otan. Les experts s’attendent à ce que la Finlande agisse en concertation avec la Suède sur la question.

Une telle adhésion serait un sujet de vive irritation pour Moscou, dans un contexte explosif entre l’Occident et la Russie de Vladimir Poutine. Vendredi, le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé qu’elle « aurait des répercussions militaires et politiques graves ». Un avertissement déjà entendu ces dernières années, a souligné Helsinki, qui a refusé d’y voir une menace d’invasion comme en Ukraine. Moscou a fait de la poursuite de l’élargissement de l’Otan à l’est un casus belli, dans un dossier où la Russie affirme avoir été trahie depuis la chute du mur de Berlin.

Les deux pays nordiques ont déjà brisé un des principaux tabous de leur politique de sécurité, à savoir de ne pas exporter d’armement ou de matériel militaire à des pays en guerre. Outre du matériel défensif (casques, gilets pare-balles, rations…) la Suède va ainsi livrer à l’Ukraine quelque 5 000 lance-roquettes antichar. Du jamais vu depuis la guerre d’Hiver en 1939, lorsque Stockholm avait prêté assistance à son voisin finlandais alors envahi par l’URSS.

FCN Haïti avec RFI

SUIVEZ @FcnHaiti:

TWITTER

  &

FACEBOOK

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page