Le RHAJAC réclame des poursuites contre l’ex-directeur des Douanes et met en garde son successeur

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) estime que le remplacement de Gérald Remplais à la tête de l’Administration générale des Douanes (AGD) constitue un premier pas dans la lutte contre la corruption, tout en soulignant qu’un simple changement de dirigeant ne saurait suffire sans l’ouverture d’enquêtes judiciaires et l’engagement de poursuites contre les personnes impliquées dans les malversations dénoncées.
Dans une note de presse publiée ce jeudi 2 juillet, l’organisation prend acte de la décision du Conseil des ministres de remplacer Gérald Remplais par Walter Gabellus à la direction générale de l’AGD. Toutefois, le RHAJAC rappelle que M. Remplais faisait déjà l’objet de graves accusations avant même sa nomination, le 22 septembre 2025.


Selon le réseau, l’ancien directeur général avait été inculpé pour des faits présumés de trafic d’armes et faisait l’objet d’un mandat de comparution émis le 18 août 2025 par le juge Noé Pierre Luis Massillon pour les mêmes motifs. Le RHAJAC soutient que sa nomination était intervenue alors que ces procédures judiciaires étaient déjà en cours.
L’organisation affirme avoir dénoncé à plusieurs reprises des irrégularités présumées au sein de l’Administration générale des Douanes, notamment des soupçons de trafic d’armes, de blanchiment d’argent, la vente de plus de 1 500 conteneurs sans inspection préalable ainsi que l’autorisation du dédouanement de cargaisons de riz «Diri Chèf» malgré des alertes concernant leur qualité. Le réseau évoque également des pratiques de clientélisme, une gouvernance opaque et une mauvaise gestion des ressources publiques.
Tout en saluant le changement intervenu à la tête de l’institution, le RHAJAC insiste sur le fait que cette décision restera sans effet si elle n’est pas accompagnée d’investigations indépendantes et de sanctions judiciaires. Selon l’organisation, l’absence de poursuites risquerait d’encourager le nouveau directeur général, Walter Gabellus, ainsi que toute personne tentée d’utiliser l’AGD à des fins de corruption ou de détournement des ressources de l’État.
Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption appelle ainsi les autorités judiciaires et les institutions compétentes à faire toute la lumière sur les dossiers dénoncés. Il réaffirme que la lutte contre la corruption ne peut se limiter à des changements administratifs, mais doit reposer sur des actions concrètes visant à combattre l’impunité et à restaurer la crédibilité d’une institution considérée comme stratégique pour les finances publiques.
La note est signée par Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC, qui réitère l’engagement de l’organisation en faveur de la transparence, de la bonne gouvernance et du renforcement de l’État de droit en Haïti.
FcnHaĩti

