Le RHAJAC réclame, au nom de la société civile, des explications sur l’omission des dossiers du FNE dans les rapports de l’ULCC

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’omission troublante dans les derniers rapports de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC). Alors que l’institution dirigée par Jacques Hans Ludwig Joseph a transmis, le 26 septembre, sept dossiers d’enquête à la justice, les cas de deux anciens responsables du Fonds national de l’éducation (FNE), Jean Ronald Joseph et Sterline Civil, n’y figurent pas.
L’o4ganisation relate que sous la gestion de Jean Ronald Joseph (2021–2025), plusieurs irrégularités avaient été rendues publiques. Parmi lesquelles un salaire mensuel de 650 000 gourdes, jugé exorbitant, des dépenses salariales excessives et non justifiées, ainsi qu’une saisie d’archives et de téléphones lors d’une descente de l’ULCC, le 4 juin 2024.


Sterline Civil, qui a pris la tête du FNE en février 2025, n’a pas échappé non plus aux accusations. Bien qu’ayant annoncé des audits et des mesures de redressement, elle est pointée du doigt par des organisations sociales, notamment le Réseau des organisations sociales pour le progrès (ROSPO). Selon son représentant Esaïe Beauchard, elle aurait laissé prospérer des pratiques frauduleuses impliquant de fausses subventions à des médias complices, en échange de rétro commissions.
Des plaintes qui sont restées sans suite
Sur le plan judiciaire, plusieurs démarches avaient déjà été entreprises. Me Caleb Jean-Baptiste avait officiellement saisi la justice contre Jean Ronald Joseph, tandis que des plaintes pour détournement avaient été déposées contre Sterline Civil auprès de l’ULCC.
Ces dossiers, qualifiés de sérieux par leurs initiateurs, n’ont pourtant pas trouvé place dans les rapports remis récemment. Ce qui ramènent le RHAJAC à émettre soulever des interrogations sur l’impartialité de l’ULCC
Pour le réseau, cette omission soulève des doutes profonds sur la crédibilité et l’impartialité de l’ULCC. Pourquoi certains dossiers progressent-ils rapidement alors que d’autres, malgré des preuves publiques, semblent mis en veilleuse ? Comment expliquer que des irrégularités documentées et largement relayées soient ignorées ?
L’organisation souligne aussi l’impact direct de cette situation sur le système éducatif. Le FNE administre des fonds cruciaux destinés aux écoles, aux enseignants et aux élèves vulnérables. Toute mauvaise gestion se traduit par une privation de droits pour les bénéficiaires les plus fragiles.
Une dénonciation mais aussi un appel à la transparence et à la justice
Dans sa note, le RHAJAC appelle l’ULCC à rendre publics les rapports d’enquête concernant Jean Ronald Joseph et Sterline Civil, à transmettre sans délai ces dossiers à la justice, et à garantir que la lutte contre la corruption ne soit pas sélective ni soumise aux influences politiques.
«Haïti ne peut pas construire un avenir éducatif solide si les institutions censées protéger l’intérêt public choisissent d’enterrer des dossiers sensibles», souligne Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC.
Pour la société civile, la balle est désormais dans le camp de la justice. Les citoyens, eux, attendent des réponses claires et des actes concrets.
FcnHaïti

