Le protocole du 17 octobre plaide en faveur d’un remaniement ministériel en profondeur pour dynamiser le gouvernement

Restant attacher à l’idéal dessalinien en ayant comme boussole la Transparence et la Justice sociale, le Protocole 17 octobre, à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de l’empereur Jean Jacques Dessalines, exige un remaniement en profondeur au sein du gouvernement, afin de le dynamiser. Cette demande survient après avoir constaté que six (6) mois après l’installation du Conseil Présidentiel de Transition et la mise en place du gouvernement, les dossiers prioritaires de la nation ne sont pas considérés. Un comportement qui, selon le directoire de cette structure, montre le niveau de mépris des autorités face à la souffrance de la population.
Ce jeudi 17 octobre 2024, marque les 218 années de l’assassinat de l’empereur Jean Jacques Dessalines, le père fondateur de la nation haïtienne. À l’occasion, le Protocole du 17 octobre tient à exprimer ses préoccupations et son indignation par rapport à la dégradation de la situation sécuritaire du pays, les actes de violation des droits humains répétitifs, la situation de misère dans laquelle vit le peuple haïtien, la corruption qui entrave le bien-être de la population et la bonne marche des institutions, entre autres.

En outre, le Protocole du 17 octobre se dit constater qu’environ six mois après la signature de l’accord politique du 03 avril, qui, dans son article 1.1, définit les trois priorités principales de la transition, à savoir : sécurité, réformes constitutionnelles et institutionnelles et élections, jusqu’à date rien n’est fait pour résoudre les problèmes cruciaux visibles du pays.
« Malgré les diverses déclarations et les promesses du Premier Ministre, Garry Conille, faisant savoir que son gouvernement va récupérer les territoires perdus « Kay pa Kay, Katye pa Katye » les attaques continuelles des gangs armés se multiplient à un rythme alarmant au point que dans la nuit du 3 au 4 octobre, des membres du gang « Gran Grif », munis de fusils automatiques, ont massacré plus d’une centaine de personnes à Pont Sondé, sans oublier l’attaque perpétrée récemment par des hommes armés à l’Arcahaie, », déplore le Protocole du 17 octobre, affirmant que l’Etat a l’obligation de garantir l’ordre public et de protéger les vies et les biens des citoyens.
S’agissant des conditions socio-économique, le protocole du 17 octobre dresse un tableau alarmant de la situation, indiquant qu’au cours des six derniers mois, les conditions sociales et économiques de la communauté haïtienne sont fortement détériorées avec un taux d’inflation de plus de 30 %, selon l’IHSI. Les droits sociaux de la population sont systématiquement bafoués, fait savoir ce groupement, avant de souligner que environ cinq (5) millions d’haïtiens-nes sont touchées par l’insécurité alimentaire aiguë en 2024, a fait savoir la CNSA .
Si l’on en croit, la violation des droits socio-économique de la population a provoqué la migration des milliers de nos compatriotes en République Dominicaine qui subissent actuellement des actes de violence à travers la déportation massive et des mauvais traitements infligés à l’égard de ces migrants.
Fort de ce constat, ledit protocole, en tant que structure adhérente à l’accord du 03 Avril, lance un appel aux différents secteurs signataires de cet accord et aux différentes autres structures adhérentes à s’unir autour d’une vision politique progressiste et cohérente conformément à l’article premier de l’accord politique en question. Par ailleurs, le protocole du 17 octobre invite les membres du CPT à cultiver l’éthique politique dans le scandale de corruption de la BNC impliquant les trois conseillers présidentiels.
Quant au PM Garry Conille, il est invité à mettre fin à sa campagne de propagande et de diversion, dit le protocole. « Nous demandons au premier ministre Garry Conille de prioriser les problèmes réels de la population ; de ne pas s’ériger en un premier ministre bourreau, mais plutôt en un chef de gouvernement de décision, d’action et de consensus ; et de ne pas se laisser guidés par son cynisme ».
Pour finir, le phénomène de l’insécurité est touché par les membres du protocole. Pour résoudre ce problème et pour assurer les reformes prévues par l’accord du 03 avril, la structure politique exige un remaniement ministériel en profondeur, des changements stratégiques au niveau des directions générales, de la mise en place de tous les organes de la transition.
FCN Haïti

