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Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé presse le CEP d’établir un calendrier électoral clair avant la fin de la transition

Le chef du gouvernement haïtien intensifie ses échanges avec les autorités électorales, alors que la communauté internationale maintient la pression pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a rencontré ce mardi 14 octobre 2025 les membres du Conseil électoral provisoire (CEP) au siège de l’institution, selon un communiqué de la Primature. Au cours de cette séance de travail, il a exhorté l’institution à « doter le pays, dans les meilleurs délais, d’un décret électoral et d’un calendrier détaillé », étape jugée indispensable à la relance du processus démocratique.

M. Fils-Aimé a salué l’installation récente du nouveau bureau du CEP, qu’il considère comme « un pas décisif vers le renforcement des institutions démocratiques ». Il a, dans la même lignée, réaffirmé le soutien ferme et inconditionnel du gouvernement à l’institution électorale, tout en réitérant son engagement à l’accompagner « dans toutes les étapes de l’organisation des prochaines élections ».

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé presse le CEP d’établir un calendrier électoral clair avant la fin de la transition

« La tenue des scrutins constitue une priorité nationale et une étape décisive vers la stabilité et le renouveau institutionnel du pays », a insisté le Premier ministre, soulignant la nécessité de garantir des élections libres, équitables et inclusives.

Pression internationale et impératif de sécurité

Cette rencontre intervient dans un contexte de pressions croissantes de la part des États-Unis et d’autres partenaires internationaux, qui réclament la tenue d’élections dans les plus brefs délais. De retour de la 80e Assemblée générale des Nations unies à New York, l’ambassadeur américain Henry Wooster avait, le 4 octobre dernier, publié une vidéo sur les réseaux sociaux exhortant le Conseil présidentiel de transition (CPT) et le gouvernement haïtien à « présenter un plan précis assorti d’un calendrier pour les élections et la transition politique ».

« Le moment est venu pour Haïti d’ouvrir la voie vers une sortie de crise. La crise politique actuelle est au cœur de la crise sécuritaire qui menace non seulement le pays, mais aussi la stabilité de toute la région », avait déclaré le diplomate, rappelant toutefois que « les postes ne sont pas à vie ».

Washington continue de soutenir les efforts du gouvernement haïtien dans la stabilisation du pays, notamment par des initiatives visant à renforcer les capacités de la Police nationale d’Haïti (PNH). Cependant, la détérioration de la situation sécuritaire demeure un frein majeur à l’organisation d’élections crédibles.

Selon plusieurs rapports récents, près de 85 % de la région métropolitaine de Port-au-Prince reste sous le contrôle de gangs armés, tandis que plusieurs localités de province, notamment dans le Bas-Artibonite, subissent également l’emprise de groupes criminels.

Une transition sous pression

À quatre mois de la fin du mandat du CPT, le temps presse pour la transition haïtienne. Si la communauté internationale insiste sur l’urgence d’un calendrier électoral, la population, elle, attend avant tout une amélioration tangible de la sécurité.

Dans ce contexte, les propos du Premier ministre Fils-Aimé traduisent la volonté du gouvernement de restaurer la confiance et de poser les fondations d’un retour à la légitimité démocratique, tout en affrontant un défi majeur : celui de concilier sécurité, gouvernance et volonté politique dans un pays au bord de l’asphyxie institutionnelle.

JJJ / FcnHaiti

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