Le papier de Jean MAPOU: ce que nous dirons à nos petits enfants trente ans plus tard

Par Jean Junior JOSEPH
La pensée juste est la vraie beauté de l’homme écrit mon ami Gilbert CICERON, en couverture de son essai de philosophie. Car un homme n’est jamais mort quand sa pensée «juste, donc sa vraie beauté», vit dans celle des autres; parce que l’homme est avant tout ce qu’il pense. Ce que nous aurons laissé à la postérité, sera-t-il admirable? Ou agissons nous aujourd’hui en homme de pensée juste, pour que l’histoire retienne nos noms.
En s’appuyant sur le concept du pouvoir créateur de la pensée, de nombreux auteurs, à part G. CICERON soutiennent que celle-ci nous permet de créer le monde de demain et transformer notre existence. La pensée, tel que la conçoit ce jeune écrivain, peut être utile, inutile, positive et négative. De telle sorte que ce relais de notre conscience créatrice est le dénominateur de ce que nous sommes dans les temps et les espaces.
Mais je n’ai guère l’intention de vous faire un sermon sur la pensée; achetez le livre de Gilbert CICERON chez les libraires à Port-au-Prince et lisez-le. Par contre je voudrais attirer votre attention sur le fait que nous banalisons cette faculté jusqu’à nous détourner de la pensée des pères fondateurs de notre nation et avons perdu la voie.
Et nous dirons un jour que ce n’est pas notre faute. Nos ancêtres firent peut-être de mauvais choix, puis ceux qui succédèrent n’avaient rien fait pour changer la donne.
Quand nos petits enfants nous auront posé la question: Qu’avez-vous fait de ce pays? Nous répondrons qu’après la dictature des Duvalier nous n’étions pas encore prêts pour la démocratie. La pensée haïtienne n’était pas encore conçue. Ou quelles autres excuses trouverons-nous?
Lorsqu’ils nous auront demandé pourquoi Haïti n’a pas les infrastructures de développement? Pourquoi les dominicains nous appellent la nouvelle Somalie des Amériques? Nous répondrons que les transitions qui se sont succédées depuis 86 n’ont pas posé les bases du changement espéré.
Nous reprocherons à Aristide d’avoir donné naissance aux gangs armés, à Préval de les nourrir en leur montrant la voie et nous accuseront le PHTK du pourrissement de la situation par la politique de la gâchette facile et de la chair à canon.
Nous leur dirons avec courage mais beaucoup d’audaces que nous avons fait exprès de rien faire pour améliorer les conditions de vie des plus défavorisés. Nous n’avions pas chercher à comprendre certains faits sociétaux tels que l’asservissement de la police et la fédération des gangs. Nous leur dirons que nous avions des hôpitaux à cuba, des investissements et du loisir à Saint Domingue…
Quand Trente ans plus tard, nous nous rendrons compte qu’on a laissé passer trop d’opportunités en or pour construire une pensée juste à léguer à nos descendants, on aura compris que nous n’avions pas été des humains en toute vraie beauté et justesse de pensée, nous aurons sorti, cette formule des élites haïtiennes, à nos petits enfants: ce n’est pas notre faute avant de leur envoyer se faire foutre ou nettoyer nos merdes.

