Le directeur général de la PNH appelle les groupes armés à déposer les armes

Dans un contexte sécuritaire marqué par une recrudescence des violences armées, la Police nationale d’Haïti (PNH) réaffirme sa volonté de reprendre le contrôle des zones sous influence des groupes criminels. Le directeur général a.i. de l’institution, André Jonas Vladimir Paraison, a adressé ce mardi 20 janvier 2026 un message à la fois ferme et ouvert aux bandes armées, lors d’une interview accordée à plusieurs médias. Entre avertissement sécuritaire et appel à la reddition, le haut responsable souligne que l’État ne cédera aucun terrain, tout en rappelant l’existence de mécanismes encadrés pour ceux qui choisiraient de renoncer à la violence.
Selon Vladimir Paraison, les récentes opérations menées par la PNH témoignent d’une détermination accrue à frapper les groupes criminels jusque dans leurs bastions. Il reconnaît toutefois que l’action policière demeure entravée par la grande mobilité des gangs, qui changent fréquemment de position afin d’échapper aux forces de l’ordre. Cette réalité opérationnelle est, selon lui, aggravée par une communication insuffisante entre les populations des zones affectées et les autorités locales, limitant la capacité de réaction rapide des instances centrales.

Le directeur général a.i. affirme néanmoins que la police reste présente sur l’ensemble du territoire national et exerce son autorité partout où les conditions le permettent. Il concède que certaines zones ne sont pas encore totalement maîtrisées en raison de difficultés opérationnelles persistantes. « Si nous ne sommes pas encore arrivés à un point précis, c’est parce que certaines contraintes ne sont pas entièrement levées », a-t-il expliqué.
Dans le même temps, Vladimir Paraison a lancé un appel explicite à la reddition volontaire. La PNH, assure-t-il, est disposée à accueillir ceux qui souhaitent abandonner les armes, dans le strict respect des normes légales. « Il existe des numéros et des points de contact pour se rendre », a-t-il précisé, promettant un traitement digne et conforme à l’État de droit. Il a toutefois rappelé que la reddition ne saurait être assimilée à une amnistie automatique : les individus concernés devront répondre de leurs actes devant les autorités compétentes, sans traitement arbitraire.
S’adressant plus particulièrement aux jeunes enrôlés dans les groupes armés, le chef de la police a tenu un discours empreint de gravité. Selon lui, la vie au sein des gangs ne correspond ni aux aspirations profondes ni aux perspectives d’avenir de ces jeunes. « Ce n’est pas l’avenir que vous vouliez », a-t-il déclaré, évoquant la possibilité d’un accompagnement pour ceux qui souhaitent rompre avec la violence.

Pour faciliter le processus de reddition, la PNH met à disposition plusieurs canaux : se présenter directement à une unité policière, passer par une station de radio, une église, une autorité locale comme un CASEC, ou encore par l’entremise d’une personne de confiance. Une fois le signal donné, les forces de l’ordre s’engagent, selon Vladimir Paraison, à intervenir dans un délai inférieur à 24 heures.
Enfin, le directeur général a.i. a lancé un appel à la conscience des groupes armés, les invitant à mesurer l’ampleur des conséquences humaines de leurs actions. « Trop de vies ont été perdues à cause de cette violence », a-t-il rappelé, exprimant sa préoccupation face au lourd tribut payé par la population civile.
Le commandant en chef de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison, réaffirme la conviction de l’institution qu’il dirige, quant à sa capacité à contribuer au rétablissement durable de la paix. Malgré les défis structurels et opérationnels, l’institution policière se dit déterminée à mobiliser tous les moyens légaux à sa disposition afin de restaurer la sécurité, condition essentielle au retour d’une vie sociale et économique plus stable en Haïti.
JJJ / FcnHaiti
