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Le CAN à la reconquête des territoires oubliés

Sous l’impulsion de Me Renand Aristide, le Centre Ambulancier National amorce une refonte territoriale du service préhospitalier en Haïti

Dans un pays marqué par de fortes inégalités d’accès aux soins d’urgence, la relance du Centre Ambulancier National (CAN) dans les départements isolés relève autant du défi sanitaire que de l’engagement politique. C’est dans cette optique que Me Renand Aristide, directeur général du CAN depuis mars 2025, a conduit du 21 au 28 juillet une tournée de supervision et de mobilisation dans la Grand’Anse et le Sud, deux zones souvent laissées pour compte dans les politiques publiques de santé.

Une nouvelle stratégie pour un service de proximité

Le CAN à la reconquête des territoires oubliés

Portée par une feuille de route claire définie par le Conseil d’administration de l’institution, cette tournée s’inscrit dans une stratégie plus large de territorialisation des services préhospitaliers. Elle vise à harmoniser les standards de prise en charge, à renforcer la coordination avec les acteurs locaux, et à ancrer l’action du CAN dans les réalités communautaires. «Notre objectif est clair: renforcer les directions départementales, écouter les agents sur le terrain et établir un dialogue fonctionnel avec les communautés», a déclaré Me Renand Aristide.

Dans les communes visitées: Jérémie, Corail, Beaumont, Camp-Perrin, Les Cayes, Port-Salut et Coteaux, les constats sont sans équivoque: absence d’infrastructures adéquates, ambulances en panne, effectifs insuffisants, et une logistique largement déficiente.

Malgré ce contexte difficile, les équipes locales témoignent d’un engagement remarquable, que plusieurs agents décrivent comme une «implication silencieuse mais tenace».

Des attentes fortes, des signaux encourageants

Si la revalorisation récente des cartes de débit mensuelles a été saluée, elle ne suffit pas à répondre aux attentes croissantes en matière de conditions de travail, de primes et de reconnaissance.

Pour Mme Rose Nalda Gauthier, directrice départementale de la Grand’Anse, cette tournée marque un tournant: «Elle vient renforcer notre légitimité, revaloriser le rôle des équipes locales et inscrire notre action dans un cadre cohérent de santé publique».

Même son de cloche du côté des collectivités locales. À Beaumont, le maire a salué une «démarche qui redonne du sens à la présence de l’État dans nos zones» et créé un nouveau cadre de coopération entre autorités locales et structures sanitaires.

Vers une réforme structurelle du secours d’urgence

À l’issue de cette mission, plusieurs recommandations prioritaires ont été émises: réhabilitation rapide du parc d’ambulances, dotation logistique des directions départementales, création de points focaux techniques, mise en place de comités d’appui communautaires et instauration d’un système de primes à la performance.

Au-delà du constat, cette tournée annonce un changement de paradigme : celui d’un réseau national de secours préhospitalier enraciné dans les territoires, capable de répondre aux urgences avec efficacité, équité et proximité. Un chantier ambitieux, dans un pays où les déserts médicaux ne sont pas une abstraction, mais une réalité quotidienne.

Avec cette démarche volontariste, Me Renand Aristide semble vouloir inscrire durablement le CAN comme acteur clé d’une refondation du système de soins d’urgence en Haïti, au plus près des populations les plus vulnérables.

FcnHaïti

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