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La Chronique de Jean MAPOU: À la guerre comme à la guerre; …de Port-au-Prince à Panama

Par Jean Junior JOSEPH

Certains diraient que depuis une semaine l’entrée sud de la capitale est fermée à cause des affrontements sanglants entre des gangs armés. On nous informe qu’ils se battent pour le contrôle de territoire. Depuis quand fait-on la guerre à martissant comme dans tous les quartiers populeux du pays et pourquoi? Y-a-t-on jamais mené de bonne guerre?

Bonne ou mauvaise, loyale ou pas, et même pour défendre, préserver ou imposer une cause juste et noble, la guerre a toujours étalé au grand jour l’instinct cruel de l’homme, élément d’un ensemble. Quand nous faisons la guerre, l’humanité en tant que groupement prime sur l’humanité en tant que vertu.

La Chronique de Jean MAPOU: À la guerre comme à la guerre; …de Port-au-Prince à Panama

Arrêtons de philosopher. Car les habitants de Martissant n’auront guère le temps de remettre en question les tires croisés entre lesquels ils sont pris, ni en demander pourquoi. Sinon accepter le sort qui s’acharne sur leur vie… faire les frais de ceux qui aiment jouer avec le feu.

Les gens qui fuient leur maison à Bel-Air, à Cité-Soleil, Martissant et tous les autres bidonvilles, vivaient déjà la GUERRE, dans leur quotidien. Dans la promiscuité, la crasse, la misère, l’absence de soins de santé, de services sociaux de base, ils se battent chaque jour pour survivre.

La vie de cette catégorie prend sens dans le combat quotidien pour un plat chaud, la scolarité, le loyer et leur dignité humaine derrière tout ça… puis viennent les armes automatiques et les incendies à répétition des maisons et des marchés.

On entend parler de guerres entre des gangs armés bien payés par des politiciens et des hommes d’affaires mafieux. Les médias ont reçu leur part pour en faire écho. Cependant celles menées par les plus pauvres, cette guerre, sans effusion de sang mais qui ruine l’âme des gens, n’est pas souvent mentionnée dans nos discours si ce n’est pour en tirer profit.

Sans Vouloir épingler une entité ou une force de la vie nationale, Martissant devrait nous interpeller sur quelle croisade entreprendre dans nos ghettos, contre qui et contre quoi. Je vous laisse deviner comment la mener car, dans vos complaisances et vos conditionnements, vous en êtes selon moi convaincus du pourquoi.

Aujourd’hui nous sommes Bel-Air, Cité-Soleil, La Saline, Martissant… Port-au-Prince, bref nous sommes Haïti. Demain peut-être nous serons Somalisés, ou vivre comme la Libye ou tout bonnement le Panama.

Il faut fermer le robinet ; il ne doit plus pleuvoir du sang de nos semblables, surtout que ce n’est pas pour arroser la terre ou faire de l’engrais avec leurs cadavres. Quand on cherche à contrôler le territoire pour altérer la soif des richissimes vampires de la classe politique et du secteur privé, il n’y aura jamais de MAIS qui tienne.

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