Journée internationale des droits de l’enfant : CPD exhorte l’Etat haïtien à tout mettre en œuvre pour rétablir le droit à l’éducation aux enfants

Célébrée chaque 20 novembre, la Journée internationale des droits de l’enfant est célébrée en Haïti cette année sur fond de crise. Le Combite pour la Paix et le Développement (CPD) qui suit de près la situation, affirme dans un communiqué que les violences armées qui règnent dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince affectent dramatiquement l’accès aux écoles, notamment dans les quartiers précaires de la saline, Cité Soleil, Matissant, Bel-Air, Carrefour feuille ect. Par contre, les responsables de cette structure invitent le gouvernement à tout mettre en œuvre pour rétablir les droits aux enfants à l’éducation.
Pour montre l’ampleur de la situation, le Combite pour la Paix et le Développement (CPD) se réfère aux dernières observations de Monsieur William O’Neill, Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Haïti, disant que plus de 500.000 enfants sont privées des salles de classes. Et beaucoup d’entre eux y sont empêchés à cause des violences dans leurs quartiers, aux environs de leur école, ou de l’occupation des espaces scolaires par des groupes armés qui en font des bases.
Toujours le CPD, depuis après le 13 octobre 2023, le Lycée national de la saline et l’établissement des pères salésiens ainsi que de nombreuses institutions d’enseignement communautaire ou privée de Cité Soleil, de la plaine-du cul-de sac et autres sont séquestrées et occupées par des groupes armés qui en font leur stationnement. Ce qui selon la structure, constitue une violation grave des droits de l’enfant au regard de la résolution 1612 du conseil de sécurité des Nations Unies en période de conflit armé. Les enfants de l’Ecole des sœurs salésiennes ont été bloqués dans l’établissement pendant plus de deux jours ; ils n’ont jusqu’présent pas pu retourner en classe depuis leur évacuation grâce à la vigilance de CPD et de l’UNICEF le 15 Octobre 2023.
Plus loin, CPD a fait savoir que depuis deux ans, toutes les écoles des quartiers de Matissant, Fontamara et Village de Dieu n’ont pas fonctionné. Une situation qui a poussé des dizaines d’établissement scolaire de la commune de la Croix des bouquets, de fermer leurs portes. « A la Saline, les récents conflits armés ont contraint les écoles à fermer leurs portes. C’est la même situation qui se répète au Bel-Air, à Solino, à Croix des missions et aussi à Carrefour feuille ou des milliers d’enfants ont dû fuir leur maison pour se réfugier dans des camps de fortune », a souligné CPD, déplorant le fait que le dernier quartier à subir la loi des groupes armés depuis la semaine du premier novembre 2023 est Mariani ou toute la population fuit pour échapper à l’invasion des bandits armés et les écoles sont fermées.
Malgré ce tableau macabre, CPD dit constater que les autorités du ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle n’ont annoncé aucunes mesures visant à offrir des alternatives aux enfants. Alors que, d’autres écoles dans les quartiers plus aisés continuent de fonctionner, celles des quartiers populaires ferment leurs portes. C’est une situation qui agrandit les disparités entre les enfants et qui conduit à une société inégalitaire, source de tensions permanentes entre les groupes sociaux.
Face à cette situation alarmante, CPD à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, le 20 novembre 2023, pour lancer un cri d’alarme et enjoint les responsables de l’Etat à tout mettre en œuvre pour rétablir les droits aux enfants à l’éducation. « Les autorites doivent trouver des moyens pour reloger les écoles publiques des zones précaires dans des espaces sécuritaires et mettre à disposition des enfants et des parents des moyens de transports et d’autres incitatives pour faciliter l’accès aux cours », a-t-il réclamé.
FCN Haïti

