Honte sur le CPT: Quand l’espoir se fait monnayer

Dans un pays déjà ravagé par des crises multiples, une nouvelle forme de corruption s’opère en toute impunité, souillant les valeurs essentielles de notre démocratie naissante. Les membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) se comportent comme de véritables marchands d’influence, exigeant des sommes d’argent exorbitantes pour attribuer des postes de direction générale. Selon une source digne de foi, certains membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) auraient exigé entre cinq et huit millions de gourdes par mois en échange de la nomination d’un nouveau DG ou pour maintenir un Directeur général à son poste. C’est le cas par exemple la direction générale de la Loterie de l’État haïtien, où un candidat a du désister face aux exigences de certains Conseillers-Présidents. Cette même situation serait également observée au sein de la Société nationale des parcs industriels. C’est un véritable affront à la dignité du peuple haïtien, qui ne demande qu’à sortir de l’ornière économique et sociale dans laquelle il est plongé.
Malheureusement le pays de toute son histoire est arrivé dans un contexte où la précarité règne et où chaque Haïtien espère une amélioration de son quotidien; ces pratiques ruinent les chances d’un renouveau véritable. Les services publics, déjà affaiblis, souffrent d’un manque de leadership compétent, car seuls ceux disposés à « payer le prix » se voient offrir ces carrières. Ce marchandage des postes de responsabilité fragilise davantage nos institutions et érode la confiance que le peuple devrait avoir en ses dirigeants.
La situation est d’autant plus méprisable qu’elle survient à un moment où l’ensemble de la nation crie à l’aide. L’insécurité, la famine et le manque d’accès à des soins de santé décents sont autant de réalités auxquelles les Haïtiens doivent faire face chaque jour. Au lieu de se focaliser sur la mise en place de solutions durables, ceux qui devraient apporter des réponses efficaces se livrent à un jeu sordide d’extorsion.
Il est crucial que le peuple haïtien se lève contre ce fléau. Nous devons exiger des comptes des membres du CPT, rappeler que leur rôle est de servir la population et non de s’enrichir sur son dos. La lutte contre la corruption ne doit pas être une simple promesse en période électorale, mais un engagement véritable à bâtir une nation juste et équitable.
Les ambitions des membres du CPT doivent être réalisées dans le respect des principes éthiques et de la justice sociale. En ce sens, les autorités doivent être vigoureusement surveillées par une société civile mobilisée et déterminée à défendre les intérêts du peuple. C’est à nous de refuser cette logique du profit au détriment du bien commun.
La justice et la dignité, des valeurs longtemps bafouées, doivent reprendre leur place au cœur de notre action politique. Ensemble, haïtiens et haïtiennes, unissons nos voix pour faire entendre notre indignation et notre volonté de changement. Rappelons à ceux qui se croient intouchables que la mémoire de notre peuple est vive et qu’un jour, nous exigerons justice pour toutes les trahisons commises. Cessons de laisser notre avenir être négocié à coups de pots-de-vin, et luttons pour la Haïti que nous méritons: une Haïti où chaque talent peut s’épanouir sans intermédiaire obscur.
Jean Joceler Jean
Journaliste
