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Haïti : les opportunités d’investissement sous-évaluées à cause d’une lecture partielle des finances publiques

Trop souvent, les débats sur les finances publiques en Haïti se concentrent uniquement sur les allocations budgétaires du Trésor public. Mais cette vision partielle occulte une réalité plus complexe : les investissements dans les secteurs stratégiques ne se limitent pas aux fonds nationaux. La ministre de la Planification et de la Coopération externe, Ketleen Florestal, a récemment tenu à clarifier cette dynamique, insistant sur l’importance d’une approche plus globale.

Pétion-Ville, 17 mars 2025. – Selon Mme Florestal, certains ministères, comme celui de la Santé, bénéficient d’un fort soutien international, ce qui peut fausser la perception de leur financement réel. « Quand on parle de budget d’investissement, il ne faut pas seulement regarder les montants inscrits par l’État, mais aussi les financements externes qui, bien souvent, ne sont pas entièrement intégrés aux prévisions officielles », explique-t-elle.

Vers une meilleure intégration des financements extérieurs dans la planification nationale

Haïti : les opportunités d’investissement sous-évaluées à cause d’une lecture partielle des finances publiques

Cette analyse soulève une question cruciale : comment améliorer la transparence et la traçabilité des investissements publics, afin de donner une image plus fidèle des efforts gouvernementaux en matière de développement économique ? La réponse pourrait passer par une meilleure intégration des financements extérieurs dans la planification nationale, un chantier que le ministère de la Planification s’efforce actuellement de mettre en œuvre.

Mais cette intégration se heurte à plusieurs défis. D’une part, les institutions internationales et les bailleurs bilatéraux ne communiquent pas toujours les montants exacts de leurs engagements à temps, ce qui complique leur prise en compte dans la programmation budgétaire nationale. D’autre part, l’absence de coordination entre les différents ministères et agences de l’État entrave la consolidation des investissements publics. « Certains ministères signent des accords de financement sans même que nous en soyons informés, ce qui nuit à notre capacité de planification stratégique », déplore la ministre Florestal.

Pour y remédier, le ministère travaille à la mise en place d’un cadre de suivi plus rigoureux, impliquant une centralisation systématique des informations relatives aux investissements extérieurs. « Nous devons parvenir à une meilleure coordination avec les partenaires internationaux et renforcer nos mécanismes de suivi pour éviter les doublons, optimiser les ressources et maximiser l’impact des financements sur le développement national », affirme Mme Florestal.

Une vision renouvelée pour une économie plus résiliente

Au-delà de la question budgétaire, c’est toute la stratégie d’investissement du pays qui est en jeu. L’enjeu dépasse le simple fait de mieux comptabiliser les fonds disponibles : il s’agit de garantir que les investissements réalisés, qu’ils soient nationaux ou internationaux, répondent aux véritables priorités du pays. « Une meilleure traçabilité des investissements est essentielle pour que nous puissions mesurer leur impact réel et corriger les déséquilibres sectoriels qui freinent notre développement », insiste la ministre.

En effet, certains secteurs attirent une concentration disproportionnée de financements externes, tandis que d’autres restent en marge. Or, sans une vision d’ensemble, la perception publique peut rester biaisée, alimentant le sentiment que l’État ne soutient pas suffisamment certains domaines.

En s’attaquant à cette problématique, le ministère de la Planification entend non seulement rétablir une transparence budgétaire, mais aussi contribuer à un développement économique plus équilibré et résilient. Un défi de taille, mais crucial pour Haïti.

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