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Haïti : la logique des réseaux politiques fragilise l’État de droit, selon Frantz Neptune

Dans une analyse publiée ce 11 mars, le politologue Frantz Neptune estime que la crise politique actuelle en Haïti s’explique en grande partie par une gouvernance dominée par les réseaux d’intérêts et le clientélisme, au détriment du fonctionnement normal des institutions. Il a également soulevé l’assassinat du feu président Jovenel Moïse et le règne de l’impunité en Haïti.


En s’appuyant sur l’expérience politique de Robert Walpole, souvent considéré comme le premier véritable Premier ministre britannique, l’auteur rappelle que les alliances politiques et les réseaux d’influence peuvent contribuer à la stabilité d’un système politique lorsqu’ils sont encadrés par des institutions solides. Toutefois, dans un État fragile, ces mécanismes peuvent produire l’effet inverse et affaiblir progressivement l’autorité publique et la normalisation de l’impunité. Voilà, par cette comparaison, M. Neptune fait référence à la logique walpolienne.


Selon Frantz Neptune, la gouvernance haïtienne est aujourd’hui marquée par des arrangements politiques informels et une compétition permanente pour le contrôle des ressources publiques, ce qui contribue à fragiliser davantage les institutions.

Haïti : la logique des réseaux politiques fragilise l’État de droit, selon Frantz Neptune

Haïti se trouve ainsi dans une situation paradoxale : un pays en transition permanente, où la gouvernance est souvent dominée par la gestion de crises successives plutôt que par la construction d’institutions durables. La transition devient alors un état politique permanent, tandis que la réforme de l’État et la justice sont constamment repoussées à plus tard, lit-on dans l’analyse.


L’analyste considère également que l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021 dans sa propre résidence officielle constitue l’un des événements les plus graves de l’histoire politique récente du pays. Plusieurs années après ce crime, le dossier judiciaire reste entouré d’incertitudes et de controverses, alimentant un climat de méfiance au sein de la population.

C’est là que la comparaison avec la logique walpolienne prend tout son sens. Dans certaines démocraties consolidées, les réseaux politiques peuvent fonctionner comme des mécanismes informels de stabilité. Mais dans un État fragile, ces mêmes mécanismes risquent de produire l’effet inverse : l’affaiblissement progressif de l’autorité publique et la normalisation de l’impunité.


Pour le politologue, sans institutions capables d’imposer la transparence, la responsabilité et la justice, la transition politique en Haïti risque de rester une dynamique permanente. Sans vérité sur l’assassinat de Jovenel Moïse, conclut-il, la promesse d’un véritable État de droit pourrait demeurer un objectif encore lointain pour de nombreux Haïtiens.

FCNHAÏTI

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