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Haïti-Hausse du carburant: Le RHAJAC y voit une décision qui fragilise la dignité humaine

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) tire la sonnette d’alarme face à la détérioration rapide du pouvoir d’achat des travailleurs haïtiens. Dans une note de dénonciation publiée le 6 avril, l’organisation estime que le prix du carburant dépasse désormais la capacité financière d’une grande partie de la population active.

Selon le RHAJAC, la récente révision des prix à la pompe illustre un déséquilibre économique « extrême ». Le gallon de gazoline est désormais fixé à 725 gourdes, tandis que le gasoil atteint 850 gourdes et le kérosène 845 gourdes.

Or, rappelle l’organisation, le salaire minimum journalier en Haïti varie entre 350 et 770 gourdes pour huit heures de travail, soit moins de cinq dollars américains. Dans ces conditions, de nombreux travailleurs ne peuvent plus couvrir les dépenses essentielles liées à l’alimentation, au transport ou au logement.

Haïti-Hausse du carburant: Le RHAJAC y voit une décision qui fragilise la dignité humaine

«Une journée de travail ne vaut même pas un gallon de 3,8 litres de carburant», souligne le réseau dans sa note, dénonçant une réalité qui, selon lui, fragilise la dignité économique et sociale de millions de citoyens.

Un système jugé profondément déséquilibré

Pour le RHAJAC, cette situation n’est pas seulement la conséquence d’une hausse des prix internationaux, mais s’inscrit dans un système économique caractérisé par la dollarisation, la dépendance aux importations et l’absence de régulation efficace du marché.

L’organisation estime que ce modèle économique fonctionne aujourd’hui «contre la population», au point de pouvoir être assimilé à un mécanisme économique injuste qui écrase les travailleurs.

«Lorsqu’un travailleur ne peut plus accéder aux ressources de base après une journée de travail, c’est toute la dignité humaine et sociale qui est remise en cause», affirme le réseau.

Appel à la mobilisation citoyenne

Face à cette situation qu’il qualifie de «ligne rouge», le RHAJAC appelle les citoyens à une mobilisation pacifique et responsable, dans le respect de la loi.

L’organisation indique également qu’elle soutiendra tout mouvement légitime visant à dénoncer cette injustice économique.

Par ailleurs, le réseau exige des autorités économiques une correction immédiate du déséquilibre entre le salaire minimum et le coût du carburant, estimant que l’écart actuel est devenu insoutenable pour des milliers de travailleurs.

«Quand le prix du gasoil atteint 850 gourdes, soit bien au-delà du salaire journalier de nombreux travailleurs, ce n’est plus une crise: c’est un système qui fonctionne contre la population», conclut la note signée par Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC.

Le réseau appelle ainsi les autorités à prendre des mesures urgentes afin d’éviter une aggravation de la crise sociale et économique que traverse actuellement le pays.

FcnHaĩti
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