Haïti/Éducation : le RENTRHED dénonce la précarité des enseignants et du personnel administratif et presse le ministre Vijonet Démero d’agir

Le pays traverse une crise profonde, marquée par l’inaction des autorités et une dégradation continue de la situation socio-économique. Dans ce contexte, le Regroupement National des travailleurs Haïtiens en Éducation (RENTRHED) dénonce une réalité devenue intenable, entre retards de salaires, blocages administratifs et conditions de travail précaires, tout en pointant un accord resté lettre morte que le gouvernement peine à honorer
Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 15 avril 2026 à delmas, le RENTRHED déplore un accord non respecté par le gouvernement haïtien à travers le ministre de de l’éducation nationale notamment sous l’administration du ministre Augustin Antoine. Le syndicat accuse le gouvernement de ne pas avoir honoré ses engagements envers les enseignants et le personnel administratif. Plus d’un an après sa signature, les promesses formulées tardent à se concrétiser, renforçant le climat de frustration et de méfiance au sein du secteur.

Dans sa prise de parole au nom du regroupement, le secrétaire général, Chedly Jean, a rappelé que cette mobilisation vise avant tout à interpeller les autorités sur l’urgence d’appliquer l’accord signé le 20 janvier 2025 entre le gouvernement et plusieurs organisations syndicales, dont le RENTRHED
Selon lui, plus de quinze mois après la signature de cet engagement, la quasi-totalité des mesures prévues reste inappliquée. Une situation qu’il juge préoccupante et qui contribue à fragiliser davantage les travailleurs du système éducatif.
Le RENTRHED pointe également du doigt l’augmentation des prix des produits pétroliers, considérée comme un facteur aggravant de la situation des agents publics. Dans un contexte marqué par une inflation persistante, cette décision accentuerait les difficultés économiques des enseignants, dont certains accusent plusieurs mois d’arriérés de salaire.
« Cette décision accentue la misère des travailleurs, en particulier ceux du secteur éducatif », a insisté Me Jean, évoquant des enseignants restés cinq à six mois sans rémunération.
Le président du RENTRHED, Junior Léo, n’a pas caché son indignation face au comportement jugé irresponsable de l’État où un ministère incapable d’offrir des conditions minimales à ses agents ne saurait, selon lui, prétendre planifier efficacement l’éducation nationale.
Le président du Regroupement a également insisté sur la nécessité de traiter en urgence la situation des enseignants contractuels, dont certains travaillent depuis plusieurs mois sans percevoir de salaire. Cette crise met en péril la qualité de l’enseignement et compromet l’avenir de milliers d’élèves haïtiens.
Plus loin, Il dénonce des pratiques jugées arbitraires dans les processus de nomination et de promotion au sein du ministère, et appelle à la création d’une commission indépendante incluant des représentants syndicaux afin de garantir transparence et équité.

Des revendications claires et structurées
Face à cette crise multidimensionnelle, le RENTRHED formule une série de revendications jugées prioritaires :
1- La nomination effective des enseignants actuellement en salle de classe ;
2- L’intégration et la régularisation des enseignants en attente depuis plus de trois ans ;
3- Le paiement immédiat des arriérés de salaires ;
4- La mise en place d’une carte de débit mensuelle pour les employés, avec une allocation portée à 30 000 gourdes ;
5- L’ajustement des salaires en fonction du coût de la vie ;
6- L’amélioration des conditions de travail au sein des structures administratives ;
7- La garantie de promotions fondées sur le mérite et non sur le favoritisme ;
8- Le paiement régulier et ponctuel de tous les agents du secteur.
Le syndicat a par ailleurs mis l’accent sur les conditions de travail au sein même de l’administration éducative. Il dénonce un manque crucial d’équipements de base, allant jusqu’à l’absence de chaises pour certains employés, les empêchant de travailler dans des conditions minimales et d’accomplir efficacement leurs tâches.
Dans ce contexte, le réseau appelle les autorités, notamment le ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Démero, à prendre des mesures urgentes et concrètes afin de restaurer la confiance, stabiliser le système éducatif et garantir un service public à la hauteur des enjeux nationaux.
FCNHAÏTI

