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Haïti: 795 femmes et filles victimes de viols liés aux gangs, selon l’ONU

La situation des droits humains demeure particulièrement préoccupante en Haïti. Dans son dernier rapport, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) fait état de 795 femmes et filles victimes de viols liés aux activités des gangs, dont 772 femmes et 23 filles. Selon le rapport, 87 % de ces victimes ont subi des viols collectifs. Certaines ont également été soumises à de violents passages à tabac. Des cas de viols commis devant les enfants ou d’autres membres de la famille sont également rapportés.

Dans plusieurs zones contrôlées par des gangs rivaux, l’incendie des habitations aurait aussi été utilisé comme moyen de punition, d’intimidation et de déplacement forcé des populations, a rapporté le BINUH.

Parallèlement aux violences commises par les groupes armés, le BINUH souligne que plus de 40 % des personnes tuées ou blessées au cours du trimestre l’ont été dans le cadre d’opérations des forces de sécurité contre les gangs. Certaines de ces opérations auraient impliqué une société militaire privée étrangère et le recours à des drones explosifs. Parmi les victimes recensées dans ce cadre, au moins 95 personnes n’avaient aucun lien avec les gangs. Neuf personnes, dont six enfants, auraient notamment été tuées ou blessées lors d’opérations impliquant des drones explosifs.

Haïti: 795 femmes et filles victimes de viols liés aux gangs, selon l’ONU

14 cas d’exécutions sommaires présumées

Le rapport fait également état de 14 cas d’exécutions sommaires présumées ou de tentatives d’exécution sommaire impliquant des membres de la Police nationale d’Haïti (PNH). Toutefois, le BINUH précise que ce chiffre représente une baisse significative par rapport à la même période en 2025.

Les violences sont également attribuées à des groupes d’autodéfense. Selon le rapport, environ 5 % des homicides et des blessures seraient imputables à ces groupes, qui ciblent notamment des membres de gangs, des personnes accusées de collaborer avec eux ou des individus soupçonnés d’avoir commis des infractions.

L’ONU appelle à accélérer le déploiement de la FRG

Face à la gravité de la situation, le BINUH estime nécessaire de maintenir Haïti à l’ordre du jour de la communauté internationale et d’accélérer le déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG). L’organisation appelle également les autorités haïtiennes à lancer rapidement les premières enquêtes des pôles judiciaires spécialisés dans les crimes de masse, notamment les violences sexuelles, ainsi que dans les crimes financiers.

Les locaux de ces structures ayant déjà été inaugurés et des magistrats du parquet y ayant été affectés, le BINUH encourage les autorités à passer rapidement à l’action judiciaire.

Respecter les normes internationales

Le rapport rappelle que tout recours à la force létale par les forces de l’ordre ou par d’autres acteurs agissant pour le compte de l’État doit être conforme au droit international des droits de l’homme. Le BINUH insiste notamment sur le respect des principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité, de non-discrimination, de précaution et de responsabilité.

L’organisation exhorte également les autorités à mettre en œuvre efficacement le processus de vérification des antécédents des policiers et à traduire en justice les agents accusés de violations graves des droits humains.

Protéger les enfants impliqués dans les gangs

Enfin, l’ONU appelle au renforcement des programmes de prévention, de désengagement et de réinsertion destinés aux enfants impliqués dans les gangs.

À travers ce rapport, le BINUH souligne une nouvelle fois l’ampleur des violences qui frappent la population haïtienne et l’urgence de renforcer à la fois la réponse sécuritaire, la justice et les mécanismes de protection des victimes.

FCN/Haïti

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