Grève des Magistrats en Haïti : l’OCNH appelle à une solution négociée

L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) se dit préoccupée par l’arrêt de travail des magistrats debout qui paralyse le système judiciaire haïtien
La grève observée par le Collectif des Magistrats Debout Haïtiens (COMADH), soutenue par l’Association Nationale des Greffiers Haïtiens (ANAGH), a mis en suspens toutes les activités des dix-huit juridictions des Tribunaux de Première Instance de la République. L’OCNH, une structure de défense des droits humains, s’inquiète de l’impact de cette situation sur la justice en Haïti.
Les magistrats et greffiers haïtiens revendiquent une amélioration des conditions de travail et l’éradication des inégalités salariales. Selon l’OCNH, les autorités du ministère de la Justice et de la Sécurité publique ont partiellement répondu aux demandes des grévistes, mais ces réponses sont jugées insuffisantes par les syndicats concernés.
« Les justiciables sont les principales victimes de cette paralysie judiciaire », souligne Camille Occius, Directeur exécutif de l’OCNH. « Depuis quatre ans, notre système judiciaire traverse des périodes de dysfonctionnement chronique dues à l’instabilité politique, aux grèves du personnel judiciaire et à la détérioration du climat sécuritaire. »
L’OCNH reconnaît la légitimité des revendications des magistrats, mais déplore que cette grève survienne à un moment critique pour le système judiciaire haïtien. Les survivants de violences sexuelles perpétrées par des gangs armés attendent justice et réparations, et la lutte contre l’impunité et la corruption ne peut être efficace sans un système judiciaire fonctionnel.
« Le phénomène de l’impunité et la lutte contre la corruption ne peuvent être abordés efficacement par une justice quasiment dysfonctionnelle », affirme Occius. De plus, la question des plus de quatre mille détenus évadés des prisons de Port-au-Prince et de Croix-des-Bouquets nécessite une intervention urgente des forces de l’ordre et de la justice.
Appel au dialogue
Dans le cadre de son plaidoyer pour une bonne gouvernance judiciaire, l’OCNH se propose comme médiateur pour trouver une solution négociée à cette crise. L’organisation appelle toutes les parties à faire preuve de dépassement et à reprendre les discussions pour garantir le respect du principe de continuité des services publics de la justice.
« Nous devons garantir que la justice puisse continuer à fonctionner, même en temps de crise », conclut Camille Occius.
La grève des magistrats debout en Haïti est un rappel des défis persistants auxquels fait face le système judiciaire du pays. L’OCNH espère que par le dialogue et la négociation, une solution durable pourra être trouvée pour le bien de tous les citoyens haïtiens.
Arnold Junior PIERRE
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