FP2030 : Ministre Sandra Paulemon plaide pour un financement du développement piloté par les États

La Ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Sandra Paulemon, a participé mardi à une table ronde organisée par FP2030, en marge des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, autour des enjeux de financement de la planification familiale.
Intervenant aux côtés de responsables internationaux et d’experts, la Ministre a mis l’accent sur la nécessité de repenser les mécanismes de financement du développement, en privilégiant une approche centrée sur le leadership des États. Selon elle, les défis ne se limitent pas à la mobilisation des ressources, mais concernent surtout leur coordination, leur prévisibilité et leur alignement sur les priorités nationales.

La titulaire du MPCE a défendu un modèle de financement cohérent et intégré aux stratégies publiques, soulignant le rôle clé du ministère dans l’articulation entre politiques nationales, investissements publics et appuis extérieurs. Elle a plaidé pour une coopération internationale davantage structurée autour des cadres nationaux, afin d’améliorer l’efficacité des interventions et la redevabilité des partenaires.
Sandra Paulemon a également appelé à un dialogue renforcé entre l’État haïtien et ses partenaires, fondé sur la transparence, une vision partagée, une programmation conjointe et une responsabilité mutuelle.
Planification familiale : des avancées, mais des défis persistants
Abordant la question de la planification familiale, la Ministre a reconnu des avancées, tout en soulignant l’ampleur des besoins. En 2025, près de 890 000 femmes utilisaient des méthodes contraceptives modernes en Haïti, pour un taux de prévalence de 27,6 %. Toutefois, les besoins non satisfaits demeurent élevés, atteignant 25,3 %, tandis que la demande satisfaite par une méthode moderne reste limitée à 52,2 %.

S’appuyant sur des estimations de FP2030, elle a indiqué que l’usage des contraceptifs modernes permet d’éviter chaque année environ 320 000 grossesses non désirées, 87 000 avortements à risque et plus de 600 décès maternels.
La Ministre a par ailleurs attiré l’attention sur les fragilités du système de santé haïtien, notamment sa forte dépendance aux financements extérieurs, leur faible prévisibilité et le poids important des dépenses supportées par les ménages, estimées à plus de 69 % des dépenses courantes de santé en 2023.
À travers cette intervention, Ministre Sandra Paulemon a réaffirmé la volonté du Gouvernement, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de promouvoir un modèle de financement plus structuré, axé sur le leadership national et orienté vers des résultats durables au bénéfice des populations.
FCN/Haïti
