Actualités

Expulsions vers Haïti : le DHS révèle les antécédents judiciaires de 15 ressortissants haïtiens

Le département américain de la Sécurité intérieure (DHS) a rendu publics les profils judiciaires et migratoires de 15 ressortissants haïtiens expulsés vers Haïti le 20 août, parmi les 162 personnes présentes à bord du vol. Dans un communiqué publié le 24 août, l’administration américaine affirme que ces personnes avaient des antécédents comprenant notamment des infractions sexuelles sur mineurs, des agressions violentes, des délits liés aux stupéfiants et aux armes, ainsi que des faits de trafic de migrants.

Selon le DHS, certains des expulsés étaient également identifiés comme membres présumés ou avérés de groupes criminels, notamment Zoe Pound et 88 Crush Mob. Le département précise que les personnes concernées avaient fait l’objet de procédures d’immigration et que des juges avaient rendu des décisions définitives d’expulsion.

Les dossiers présentés par l’administration américaine illustrent toutefois des parcours migratoires très différents. Plusieurs des personnes concernées avaient vécu aux États-Unis pendant de nombreuses années et détenaient auparavant le statut de résident permanent légal.

Expulsions vers Haïti : le DHS révèle les antécédents judiciaires de 15 ressortissants haïtiens

C’est notamment le cas de Jean Daniel Henry entré aux États-Unis en 1982 comme résident permanent. Son dossier, selon le DHS, fait état de condamnations pour cambriolage, vol, possession et vente de cocaïne, possession de marijuana, recel, fraude, port d’arme dissimulée et autres infractions. Son statut de résident permanent aurait été révoqué à la suite de ses condamnations. Son ordre définitif d’expulsion a été rendu en septembre 2025.

Mc Guyverson Jetin , présenté par le DHS comme un membre du gang Zoe Pound, avait obtenu la résidence permanente en 2007 après son arrivée aux États-Unis en 2006. Il a été condamné pour plusieurs infractions sexuelles, dont des faits impliquant une victime âgée de 12 à 15 ans. Un juge de l’immigration avait ordonné son expulsion définitive en juin 2018.

D’autres dossiers sont plus récents. Bermann Desty , par exemple, est arrivé aux États-Unis en 2001 et avait obtenu la résidence permanente. Le DHS indique qu’il a été reconnu coupable d’actes sexuels illégaux avec un mineur. Son ordre définitif d’expulsion a été prononcé en juillet 2026.

Le département américain cite également Wilbur Senat , condamné pour exploitation sexuelle d’un mineur, ainsi que Morel Bain , reconnu coupable d’exploitation sexuelle et d’incitation à la prostitution. Ernst Joachim , arrivé aux États-Unis en 2023 dans le cadre du programme de libération conditionnelle humanitaire destiné aux Haïtiens, a également été expulsé après la révocation de sa libération conditionnelle et une décision judiciaire définitive.

Les dossiers comprennent aussi plusieurs affaires liées aux stupéfiants et aux violences. Gregory Saintil a été reconnu coupable de possession de cocaïne et de fentanyl en vue de la vente. Alberto Derisme a été condamné pour plusieurs infractions liées aux stupéfiants. Elton Petit-Frere fait, pour sa part, l’objet de condamnations concernant notamment des agressions, un vol à main armée, un cambriolage et des infractions liées aux armes.

Jean Renaud Pascal a été condamné pour 18 chefs d’accusation de trafic d’êtres humains à des fins lucratives ainsi que pour complot visant à introduire des migrants en situation irrégulière aux États-Unis. Le DHS indique qu’il avait obtenu la résidence permanente en 2011.

Le département américain mentionne également Davidson Athis , présenté comme membre du gang 88 Crush Mob et condamné pour agression au premier degré. Le DHS recense par ailleurs plusieurs arrestations dans son dossier. Cette distinction est importante sur le plan juridique : une arrestation ne constitue pas, à elle seule, une preuve de culpabilité.

Le DHS affirme enfin que certains expulsés étaient entrés illégalement aux États-Unis, tandis que d’autres avaient été admis légalement ou avaient bénéficié d’un statut migratoire régulier avant de devenir passibles d’expulsion en raison de leurs condamnations.

L’administration américaine insiste sur la gravité des antécédents des 15 personnes qu’elle a choisi de présenter. Toutefois, ces profils ne permettent pas de caractériser l’ensemble des 162 ressortissants haïtiens expulsés lors du vol du 20 août. Le communiqué du DHS ne fournit pas les mêmes informations détaillées sur tous les passagers.

Ces expulsions interviennent dans un contexte de durcissement de la politique migratoire américaine à l’égard des ressortissants haïtiens. Les dossiers publiés montrent également que le statut de résident permanent ne constitue pas une protection absolue contre l’expulsion. Certaines condamnations pénales peuvent rendre un étranger légalement expulsable, après une procédure devant les autorités compétentes.

Le vol du 20 août illustre ainsi la convergence entre politique migratoire et lutte contre la criminalité aux États-Unis. Pour les autorités américaines, les 15 personnes mises en avant constituent des exemples de ressortissants haïtiens dont les parcours judiciaires ont conduit à des décisions définitives d’éloignement du territoire américain.

JJJ / FcnHaiti

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page