Enquête sur une disparition d’armes à la PNH: Pierre Espérance dénonce une instrumentalisation politique contre Rameau Normil

Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de manœuvre politico-judiciaire visant l’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Rameau Normil. Mis en cause dans une enquête portant sur un présumé trafic d’armes et de munitions, l’ex-chef de la police serait, selon lui, la cible d’une persécution politique soigneusement orchestrée.
Au cœur du dossier: un rapport des Nations unies faisant état de la disparition d’environ un million de cartouches en République dominicaine en 2023. Une dizaine de suspects avaient été interpellés par les autorités dominicaines au début de l’année 2024, et le document onusien évoque un possible transfert d’une partie de ces munitions vers Haïti.
Pour Pierre Espérance, ce rapport sert aujourd’hui de prétexte à une procédure qu’il juge infondée. «Ce dossier ne concerne en rien l’ancien directeur général de la PNH. Rameau Normil n’a aucun lien avec ce trafic illégal de munitions», martèle le défenseur des droits humains.
Le responsable du RNDDH remet en cause la crédibilité même de l’instruction, accusant le commissaire du gouvernement de se laisser dicter sa conduite par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Une collusion présumée qui, selon lui, affaiblit dangereusement l’indépendance de la justice dans une affaire déjà hautement sensible.
«Il n’y avait aucune base légale pour prendre un réquisitoire d’informer. En l’absence d’éléments probants, le dossier aurait dû être purement et simplement classé», insiste Pierre Espérance.
L’accusation se fait plus politique encore lorsque le directeur du RNDDH pointe du doigt deux figures militantes bien connues, Rony Timothée et Biron Odigé. Ces derniers auraient, selon lui, mélangé volontairement une plainte visant Normil, liée à sa gestion de la PNH, avec le rapport des Nations unies, dans une tentative délibérée de porter atteinte à sa réputation.
Pierre Espérance rappelle par ailleurs que sous le commandement de Rameau Normil, plusieurs activistes politiques influents avaient été arrêtés pour leurs connexions présumées avec des gangs armés. Des dossiers qui avaient à l’époque provoqué de vives tensions et une forte politisation du débat sécuritaire.
Dans un pays où la frontière entre justice et règlement de comptes politiques reste poreuse, cette nouvelle affaire relance le débat sur l’instrumentalisation des institutions judiciaires à des fins partisanes. Une constante haïtienne que Pierre Espérance résume sans détour : en Haïti, tout finit toujours par être ramené sur le terrain politique.
FcnHaiti
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