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Élections en Haïti : le RHAJAC met en doute la crédibilité d’Alix Fils-Aimé et dénonce les risques liés au vol d’identité

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) exprime de sérieuses réserves sur la capacité du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à conduire un processus électoral libre, transparent et crédible. Dans une note de presse publiée ce mardi 1er septembre, l’organisation évoque notamment la persistance de l’insécurité, la corruption et de présumées irrégularités et vols liés aux données d’identification des citoyens au bureau d’Office Nationale d’Identification (ONI)

Dans la note publiée par le RHAJAC, il souligne que le processus électoral haïtien serait confronté à une nouvelle menace : le vol présumé d’identité et l’utilisation potentiellement irrégulière de données personnelles. L’organisation affirme avoir recueilli, auprès de sources présentées comme proches de l’Office national d’identification (ONI), des informations faisant état de la collecte de données personnelles de fonctionnaires de l’administration publique dans le cadre d’un prétendu « recensement administratif ».

Le réseau rapporte que certains fonctionnaires disposant encore d’une carte d’identification valide auraient reçu une nouvelle carte portant le même numéro d’identification unique (NIU) et la même photographie, mais avec une nouvelle date d’expiration. Le RHAJAC demande que ces allégations fassent l’objet d’une vérification indépendante afin d’en déterminer la portée et les responsabilités éventuelles.

Élections en Haïti : le RHAJAC met en doute la crédibilité d'Alix Fils-Aimé et dénonce les risques liés au vol d’identité

L’organisation avance également des accusations plus graves concernant la circulation de données personnelles. Elle affirme que le directeur général de l’ONI, Reynold Guerrier, aurait mis certaines données recueillies à la disposition de regroupements politiques considérés comme proches du chef du gouvernement, citant notamment « Viktwa » et « Rekonsilye ». Le RHAJAC soutient par ailleurs que certaines données auraient été vendues à d’autres structures politiques.

Ces accusations, qui n’ont pas été établies de manière indépendante dans la note, soulèvent, selon le RHAJAC, des interrogations sur l’intégrité du processus électoral et sur la protection des données personnelles des citoyens.

Le RHAJAC réclame des enquêtes sur la provenance des listes d’adhérents présentées par plusieurs structures politiques, notamment celles liées à Mathias Pierre, à l’ancien président Jocelerme Privert, ainsi qu’aux plateformes « Viktwa » et « Rekonsilye », lit-on dans la note.

Toujours selon la note, le CEP ne procède pas à une vérification rigoureuse de chaque liste et de l’identité réelle des 30 000 adhérents, le processus électoral risque de déboucher sur un véritable « brigandage démocratique » plutôt que sur des élections crédibles.

Pour que la lumière soit établie sur ces vols présumés d’identités des citoyens à l’ONI, le RHAJAC exige également une enquête indépendante, un audit immédiat de l’ONI et une vérification rigoureuse des listes d’adhérents des partis et regroupements politiques, et ce sera justice, estime le Réseau.

L’exigence des 30 000 adhérents au cœur des préoccupations

Le RHAJAC établit également un lien entre ces préoccupations et l’exigence du Conseil électoral provisoire (CEP) imposant aux partis et regroupements politiques de réunir 30 000 adhérents dans le cadre du processus électoral. Cette exigence pourrait favoriser des pratiques frauduleuses, notamment la constitution de listes comportant des adhérents fictifs, l’achat de données personnelles ou encore le partage de listes entre différentes structures politiques.

Le RHAJAC réclame un audit de l’ONI

L’organisation estime que le CEP doit s’assurer de l’authenticité des listes et vérifier l’identité réelle des 30 000 adhérents revendiqués par chaque structure concernée. À défaut, prévient-elle, le processus électoral pourrait être entaché de graves irrégularités et perdre sa crédibilité.

Pour le RHAJAC, la sécurité et l’intégrité du processus d’identification constituent des conditions essentielles à la tenue des prochaines élections acceptées par la population.

« Sans sécurité, sans confiance et sans garantie sur l’intégrité de l’identité des citoyens, il ne peut y avoir d’élections crédibles en Haïti », soutient le réseau dans sa note signée par son secrétaire général, Djovany Michel.

FCNHAĨTI

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