Eddy Labossière : « le moment est venu pour retirer le dollar américain de la libre circulation en Haïti »

Face à la rareté du dollar américain sur le marché local, l’économiste Eddy Labossière, une fois de plus, interpelle le gouvernement haïtien sur la nécessité d’éliminer la double circulation des deux monnaies, en enlevant le dollar américain de la libre circulation. « Monsieur le gouvernement, le moment est venu pour retirer le dollar américain de la libre circulation, car la double circulation monétaire dans un marché des changes super spéculatif pose problème: La rareté du dollar américain », a fait comprendre l’économiste, dans un point de vue partagé ce vendredi 16 décembre 2022.
Pour permettre au grand de mieux comprendre la situation, Professeur Eddy Labossière a indiqué les difficultés liées à la double circulation de la Gourde et du dollar américain remontent à l’année 1991, date à laquelle le marché informel de la gourde et du dollar américain commençait à se développer. A ce moment dit-il, le niveau de spéculation sur le taux de change unique était très faible et le spread était tout aussi faible. Aujourd’hui le marché informel de la gourde et du dollar américain est devenu un marché à des taux multiples, à Port-au-Prince et dans certaines villes de Province, cet environnement favorise la spéculation sur les taux de change, a-t-il regretté.
Cependant, vu l’impossibilité pour la BRH de réconcilier ces multiples taux, l’économiste voit la nécessité d’éliminer la double circulation des deux monnaies, en enlevant le dollar américain de la libre circulation. « Il est vrai que le moment idéal serait d’avoir un gouvernement légitime composé d’hommes et de femmes compétents, qualifiés, non corrompus, patriotes, visionnaires et disposant d’un plan stratégique de développement axé sur la promotion de la production bationale et aussi avoir une politique commerciale basée sur la substitution des produits importés de la République Dominicaine », a souhaité M. Labossière.
Mais, vu que Haïti est piégée par des politiciens rakétè et des oligarques corrompus, les dires du professeur laissent croire que le pays risque d’attendre encore longtemps, et entre-temps la Gourde continue sa forte dépréciation spéculative. Toutefois, faut-il souligner que quand vous voulez savoir si un Pays a un gros problème de devise étrangère, l’un des moyens est de visiter sa balance des paiements et plus spécifiquement l’une des trois Balances de cette balance des paiements, appelée balance des comptes courants. Si cette balance est négative, cela signifie que le pays en question a besoin de devise étrangère, dans le cas d’Haïti depuis plusieurs années la balance des comptes courants est négative donc Haïti a un besoin permanent de dollar américain méricain. Aujourd’hui force est de constater que le naufrage de la gourde par rapport au dollar américain soit plus de 157 gourdes pour un dollar américain, n’a pas grande chose à voir avec les fondamentaux de l’Économie Haïtienne.
De plus, le niveau très élevé de désintermediation financière indique clairement que le marché des changes est très spéculatif. « Monsieur les autorités monétaires vous ne pouvez pas laisser la spéculation détruire la gourde. Chaque semaine, la gourde perd 7 à 9 points, à ce rythme dès le mois de janvier 2023, on sera à environ 200 Gourdes pour 1USD » prévient l’économiste.
Pourtant, le cadre légal de la BRH et les lois de la République donnent droit aux autorités monétaires de prendre le Leadership dans la gestion du taux de change gourde/dollar américain. Vu les cadres juridiques, seule la gourde doit bénéficier de la libre circulation dans l’économie Haïtienne. Tous les transferts de devise vers Haïti seront captés et gérés par seule la BRH, ces devises serviront en premier lieu à alimenter ou financer le commerce extérieur du pays et le seul taux de référence de la BRH sera applicable à toutes les transactions dans l’économie, a plus loin, recommandé Eddy Labossière.
*Les banques commerciales cesseront d’acheter et de vendre les devises, elles doivent se cantonner désormais dans leur seule mission, celle d’intermédiation financière. Nos banquiers doivent apprendre que leur vraie et unique mission est de financer par le crédit, le secteur réel de l’économie Haïtienne. Il nous faut finalement aujourd’hui en Haïti des hommes et femmes responsables pour leur faire comprendre cette seule et simple vérité ».
FCN Haïti

