Déclaration de Maria Isabel Salvador au conseil de sécurité : L’appel urgent pour Haïti face à la dégradation sécuritaire

Lors de son intervention, ce lundi 21 avril 2025, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, la Représentante spéciale du Secrétaire général en Haïti et cheffe du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), Maria Isabel Salvador, a exprimé des préoccupations majeures concernant l’aggravation de la situation sécuritaire dans le pays. Soulignant l’urgence de la crise actuelle, elle a tiré la sonnette d’alarme sur un éventuel point de non-retour dans la détérioration des conditions de vie des Haïtiens, confrontés à une violence omniprésente alimentée par des groupes criminels.
« L’échelle de la violence a semé la panique parmi les Haïtiens, qui craignent le total effondrement de l’État », a déclaré Maria Isabel Salvador. Cette inquiétude a suscité une mobilisation citoyenne significative, avec de nombreux Haïtiens prenant l’initiative de s’organiser pour protéger leurs communautés et leurs familles face à la montée des tensions sécuritaires.
Elle a également noté que la frustration croissante parmi la population a conduit à des manifestations massives, où des milliers de citoyens ont réclamé des mesures concrètes pour redresser la situation. Cependant, ces appels ont été, selon Salvador, exploités par certains politiciens cherchant à contester la légitimité des autorités en place.
En réponse à la crise, les autorités haïtiennes ont intensifié, dans la mesure de leurs capacités, leurs efforts pour renforcer la sécurité. Un budget révisé, adopté le 14 avril, doit soutenir les capacités de la police et de l’armée, dans le respect de l’État de droit et des droits humains. Cependant, la Représentante a été claire : « Tout effort du gouvernement haïtien ne suffira pas pour réduire significativement l’intensité et la violence des groupes criminels. »
Malgré ces défis, Maria Isabel Salvador a également mis en lumière les avancées réalisées par le gouvernement haïtien en matière de processus politique. Elle a mentionné le Conseil présidentiel de transition, dirigé par M. Fritz A. Jean, qui a réaffirmé son engagement à organiser des élections pour transférer le pouvoir à des autorités élues d’ici février 2026. Ce projet est conforme à l’accord conclu l’année précédente, illustrant une certaine continuité dans la volonté de sortir de la crise politique.
Le Comité de pilotage de la Conférence nationale a mené des consultations sur la révision constitutionnelle, et le Conseil électoral provisoire a également engagé des discussions avec les acteurs politiques et de la société civile. En parallèle, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a révisé son projet de soutien électoral, et une Task Force a été créée pour coordonner les efforts des agences de l’ONU, en réponse aux recommandations de la Mission d’Évaluation de Besoins.
Néanmoins, les inquiétudes demeurent quant à la faisabilité du calendrier électoral. Maria Isabel Salvador a mis en garde que la détérioration sécuritaire pourrait compromettre les préparatifs nécessaires pour organiser un référendum et des élections qui soient inclusives, participatives et crédibles. Cette réalité souligne l’urgence d’une intervention collective pour stabiliser le pays et soutenir les efforts des autorités haïtiennes dans leur quête de sérénité politique et sociale.
Ainsi, le message de la cheffe du BINUH résonne comme un appel à la solidarité internationale, dans l’espoir de garantir à Haïti un avenir où règnent la paix et la justice.
FcnHaïti

